LE STREET ART S’INVITE À LA GARE D’AUSTERLITZ

LE STREET ART S’INVITE À LA GARE D’AUSTERLITZ

Mesdames et messieurs les voyageurs, le trafic est totalement interrompu voie 18, aucun train ne circule samedi 22 et dimanche 23 octobre »… Mais pas de panique, pour une fois dans le hall des grandes lignes de la gare d’Austerlitz (XIIIe), la voie 18 fermée est en train de devenir le berceau d’une œuvre magistrale de street art et d’une première un peu dingue. Surtout pour un train toujours vaillant, qui roule chaque jour ses 835 km entre Perpignan (Pyrénées-Orientales) et les halles de Rungis (Val-de-Marne). Qui transporte ses 700 ou 800 t de fruits et légumes à plus de 150 km/heure entre les maraîchers du sud et « le ventre de Paris ».

D’ailleurs ce dimanche soir, à pile 21 h 58, ce train de fret le plus rapide de France redescendra vers Perpignan, mais avec quelle allure ! D’ici là, 10 graffeurs de banlieue parisienne l’auront « habillé » à leur inspiration et avec… la bénédiction de la SNCF, que les initiateurs de ce projet du « Ventre du Grand Paris » ont réussi à convaincre, et même à séduire. Acheminement inhabituel d’un train de fret jusqu’en gare voyageurs, logistique, gilets de sécurité, fourniture de 700 bombes de peinture de toutes nuances, escabeaux, préparation de ce long « mur » de tôle de 120 m et 5 wagons : la direction du fret de l’entreprise a joué le jeu. Depuis ce samedi matin jusqu’au petit matin ce dimanche, sur cette voie livrée aux artistes, les graffeurs dûment équipés sont en pleine création pour achever leur œuvre que le public pourra découvrir de près durant tout l’après-midi.

Dans les parages, pile électrique de 40 ans au sourire de gosse heureux, il y aura sûrement Wilfried Demaret. Il est conducteur de trains de fret à la SNCF, et ce projet c’est son idée. « J’aime mon métier, sourit-il, ce train c’est un frigo roulant, avec des groupes électrogènes dans chaque wagon, le plus rapide de France… une sacrée bête. Il y a longtemps il était blanc, un peu nacré, décoré de fruits et légumes pelliculés, il y avait quelque chose à faire ! » sourit-il en regardant les graffeurs s’équiper.

Sa petite « envie de neuf » est devenue un sacré défi, depuis son message sur le réseau social, il y a près de 10 mois : « Je voudrais faire repeindre mon train, si j’ai 100 like, je lance le projet ». Wilfried était loin de mesurer l’engouement qu’il allait provoquer, notamment chez Vianney Delourme, fondateur d’Enlarge your Paris, un média web consacré à « tout ce qui se passe dans le Grand Paris ». Vianney a dit « banco », piloté les négociations, l’organisation, et fait appel à des artistes comme Brok, graffeur depuis plus de 25 ans et célèbre bien au-delà de sa ville de Vitry, ou encore Kalis et Seyb, venus de l’Essonne et de Paris. « Je peins souvent sur des terrains dédiés, parfois dans des endroits pas trop autorisés, reconnaît le graffeur, mais peindre en pleine gare, ça, je n’avais encore jamais fait ! C’est super original, je ne pouvais pas refuser ça ! » sourit Kalis, en sortant son esquisse de rapace aux ailes déployées, qu’il s’apprête à marier à celui de Seyb.

Article écrit par lotie Soulié et repris sur Le Parisien : ici ! 

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