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CrushON – LA PLATEFORME DE VINTAGE ECO-RESPONSABLE

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Paris en plein mois d’août ; c’est la canicule et quoi qu’on porte, qu’il soit court ou long, on transpire dans chacun de nos vêtements. A ce propos ! Aujourd’hui je rencontre l’une des co-fondatrices, Camille, et la chargée de communication, Siham, de CrushON, la plateforme ėco-responsable qui promeut le vintage.


Retour sur l’histoire de cette petite start-up avec deux super nanas.

CrushON, c’est un projet qui a démarré en septembre 2017, avec trois co-fondateur.rice.s.

Leur idée ? Mettre en avant les boutiques qui vendent du vintage. « On avait l’habitude de chiner en friperies et on s’est rendus compte qu’on n’avait pas d’offre de vintage en ligne au même prix qu’en boutique. » Iels ont alors l’envie de créer un marketplace et travailler en partenariat avec des friperies. Camille me dit : « En général les friperies sont des business familiaux, ce ne sont pas des gens qui ont l’habitude du digital. Donc il y avait une véritable demande de ce côté-là. »
En septembre, iels se lancent : iels commencent à travailler en partenariat avec trois friperies qui étaient implantées à Paris depuis une cinquantaine d’années. Puis iels se sont intégrés à l’incubateur de Sciences Po et les choses deviennent sérieuses.
Aujourd’hui, ce sont plus de 16 friperies recensées sur la plateforme CrushON, en peu de temps !

Comment ça fonctionne ?  Camille m’explique : « Le but est de démocratiser le vintage. On propose aux friperies de les aider de A à Z pour mettre leurs vêtements en ligne quand elles n’ont pas pied dans le digital, et on prend à ce moment-là 30% par vente, ou pour celles qui n’ont pas besoin d’aide, on leur prend 10% et elles s’occupent elles-mêmes de la mise en ligne de leur boutique sur la plateforme. »
Les friperies sont alors mises en avant sur le site, avec un onglet par vendeur, des articles qui leur sont dédiés, et leurs news partagées sur la page Facebook de CrushON.

Le but c’est de rendre plus visible le marché du vintage en France pour toucher une plus large majorité de personnes. Les marchés vintages ne fonctionnent pas forcément. « Le vintage c’est pas trop sexy », me confie Camille. A part pour les hipsters.

Je leur demande si ça fonctionne bien, elles me répondent : « De mieux en mieux ! On a beaucoup augmenté le nombre de nos partenaires grâce aux événements que nous avons organisés. Ils permettent aux friperies de rencontrer leurs consommateurs. On s’est rendus compte que c’étaient des gens qui avaient besoin de ce contact humain. C’est vraiment une consommation directe. Aujourd’hui ce sont les friperies qui nous contactent ».

Photo : Facebook

Concernant le côté éco-responsable du projet…
« CrushON, ça nous permet également de prôner tout ce qui est recyclage textile. On s’est dit qu’il y avait largement assez de vêtements sur Terre pour ne pas avoir à en produire de nouveaux. On a du coup intégré des créateurs éco-responsable dans cette idée de produire consciemment et de consommer modérément. »
Cela s’appelle de l’upcycling, l’action de récupérer des matériaux ou des produits dont on a plus l’usage afin de les revaloriser.

Deux des co-fondateur.rice.s ont fait des études dans la mode et se sont rendu.e.s comptes que c’était un milieu coûteux, « financièrement et humainement parlant. Aujourd’hui nous sommes arrivé.e.s à un moment de césure, où il faut vraiment changer notre manière de consommer dans cette industrie », ajoute Camille.

Moi : Et qu’en est-il de vos propres modes de vie ?
Camille : On est clairement nous-même éco-responsables, mais de là à dire que nous sommes zéro déchet… On s’habille qu’en friperies ou en brocantes. Et Siham fait ses propres cosmétiques. C’est déjà pas mal !

photo chopée ici : https://antar35.wordpress.com/2012/10/28/friperies-parisiennes-bonnes-affaires/

Je leur demande si elles ont des conseils à donner aux personnes qui justement voudraient suivre ce mouvement.
Camille : « En premier lieu, n’acheter que des marques éco-responsables, comme par exemple Manifeste 011 qui est une marque vegan et qui a une véritable promesse de qualité et d’éco-responsabilité dans tous les vêtements qu’elle vend. Mais c’est un coût ! Sinon, il faut opter pour le vintage, c’est-à-dire de porter le vêtement jusqu’à ce qu’il soit vraiment en bout de vie. Eviter le consumérisme qui consiste à acheter un vêtement, le porter une fois pour une soirée et ensuite le jeter. Il faut le réutiliser, afin qu’il puisse vivre toutes ses vies. »

Nous parlons ensuite du recyclage du vêtement, et j’en apprends beaucoup. Pour un tee-shirt lambda, que nous achetons en magasin, plusieurs fibres synthétiques sont rajoutées au coton, ce qui fait que c’est super compliqué de le recycler, contrairement au verre ou au plastique. On ne peut pas départager toutes les matières. Lorsqu’on veut jeter un tee-shirt, il peut être considéré comme réutilisable et envoyé en friperie. Quand ce n’est pas le cas, il est envoyé à l’étranger, ce qui détruit notre économie locale. On peut également le recycler comme matériau moindre quand vraiment il est en piteux état, et ça devient par exemple un tapis pour les voitures ! Mais même là, il finit par être jeté.
Après, je ne vous dis pas forcément de garder le jean que vous avez depuis cinq ans qui est tellement troué que toute votre peau dépasse, mais quand vous êtes sur le point de jeter des vêtements à la poubelle, pensez au recyclage !

 

Moi : Quelle est votre marque partenaire que tu préfères ?

Camille : Celle d’Hudelaine, parce qu’il y’a vraiment le côté création derrière. Elle chine des vestes en jean en friperies et les matche avec des canevas qu’elle trouve en brocantes. Le résultat est vraiment original !

Moi : Avez-vous des vidéos, films à conseiller à nos lecteurs qui souhaiteraient en savoir plus sur la mode éco-responsable ?

Camille : Le film The True Cost, qui relate de la réalité de l’industrie de la mode depuis l’effondrement de l’usine du Rana Plaza. Il explique comment se déroule l’industrie de la mode au niveau humain et au niveau polluant. C’est assez choquant. Ceux qui sont issus de ce milieu et qui l’ont vu ont, je pense, eu envie de changer radicalement leur manière de penser. Aussi, c’est intéressant d’écouter l’émission de Valère Corréard sur France Inter, celle sur la mode éthique et les solutions de demain.
Siham : Il y a aussi la série Girl Boss sur Netflix, qui peut être sympa à regarder et qui aborde également le sujet du vintage.

Quand je leur demande quels sont leurs objectifs pour le futur, il y en a plusieurs ! D’abord et avant tout, agréger un maximum de partenaires possibles dans toute la France. Siham ajoute : « Faire le maximum d’événements, et ailleurs qu’à Paris ! ». CrushON voudrait également ses propres locaux par la suite, et des levées de fonds. Et, bientôt, l’application smartphone !

Leur site.
Leur Facebook.
Concernant l’upcycling
Social Lab, l’émission sur France Inter qui parle des initiatives de demain.

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