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INTERVIEW DE LOBSTER THEREMIN – JIMMY ASQUITH VEUT QUE T’ÉTEIGNES TA CLOPE ET QUE T’AILLES DANSER.

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Avant la venue du label à Concrete le 24 mars pour leurs 5 ans, nous avons posé des questions au grand Jimmy Asquith, fondateur de Lobster Theremin, qui y a répondu en texte et en musique. Retour sur les origines et les influences d’une des maisons les plus respectées de la scène électronique mondiale. Alors comme le dit si bien Jimmy, « soyez prêts pour un long marathon […] et du swing bossa nova réalisé à partir de vieux claviers Casio. »


>>FR>>

Salut Jimmy, tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Peux-tu nous expliquer un peu la genèse du label Lobster Theremin, les différentes rencontres qui ont amené à sa création ? Pourrais-tu choisir un morceau qui serait représentatif de la naissance du label ?

Lobster Theremin représente le point culminant d’un voyage musical et conceptuel très personnel à travers la musique, le design, l’art et la vie, qui a commencé quand deux amis ont voulu sortir un disque, et c’est devenu une plateforme pour des producteurs de musique électronique underground et sous-représentés. Je me suis concentré sur de nouveaux artistes, des novices, et j’ai le sentiment que le niveau de confiance que cela permet de construire, à travers la qualité et la constance de la musique, à quoi s’ajoute une communauté joyeuse et rassurante, très familiale, a permis de faire une très bonne impression sur les artistes et les fans au moment de son lancement et de sa croissance.

« Des synthés Legoweltiens, des percus classiques, une production vraiment unique et une euphorie scintillante. »

J’ai travaillé dans l’événementiel pendant longtemps, et cette expérience de lancer de nouveaux artistes par des soirées et dans des lieux à l’esprit DIY  – tout en approfondissant la culture vinyle, mais aussi le côté Tumblr de type retour aux VHS / aux années 1980 et 1990, les premiers memes et les gifs, et une musique basée sur la rythmique, à la fois poussiéreuse et intéressante – a débouché sur une musique électronique plus chaleureuse et émotive.

Il y a un tel panel de musiques représentées au sein du label qu’il est difficile de choisir un morceau qui nous définirait, mais je pense que Imre Kiss « Non » s’en rapproche beaucoup. Des synthés Legoweltiens, des percus classiques, une production vraiment unique et une euphorie scintillante. C’est un producteur vraiment spécial.

Un morceau récent qui m’a vraiment inspiré est « Things Won’t Change » de TRP. Ça sonne comme un vieux morceau de Lobster, Ah ah, je pense que c’est pour ça que je l’aime.  Super mélodique, profond et lancinant avec des passages émotionnels. Il y a aussi « Journeyman » de Shedbug qui est une tuerie electro-saw-wave. Super production. Ça vous fait toujours faire cette tête ==> 🙂

Il y a aussi un nouvel EP, LUZ1E, en cours et celui-là est vraiment mélodique et cru, mais avec quelques morceaux electro plus aquatiques et fluides. C’est une production puissante et sa compréhension du traitement des synthés est super inspirante. C’est vraiment quelques unes à suivre à l’avenir.

Le label est très prolifique depuis ses débuts, comment faites-vous pour garder un rythme de sorties élevé et maintenir une qualité constante dans le choix des productions ?

Le taux important de sorties vient en partie du fait que ça a pris tellement de temps de sortir le premier morceau (je suis sûr que beaucoup de labels font cette expérience) et aussi que j’ai trouvé tellement de nouveaux talents que j’ai eu envie de faire découvrir pendant ce temps-là. Le temps que la première sortie, Palms Trax, se fasse, j’avais signé avec dix autres artistes, ce qui fait qu’après, c’était surtout des défis logistiques de presse et de trésorerie.

« Alors je me suis juste dit « Et puis merde! » et j’ai tout rasé. »

Les années 2013 et 2014 ont été vraiment rudes pour moi personnellement, j’ai perdu deux grands-parents et une relation très importante dans ma vie a pris fin. La mère de ma mère et le père de mon père avaient sur ma vie des influences très importantes, très inspirantes et très aimantes, et le fait de les perdre tou.te.s les deux en l’espace de six mois m’a dévasté. J’ai vraiment ressenti une perte d’identité, d’amour propre et de soin de soi. J’avais cet étrange complexe à propos de ma tête, j’avais l’impression qu’elle était énorme, et couverte de grains de beauté, et que je pouvais pas la raser ou avoir les cheveux trop courts. Alors je me suis juste dit « Et puis merde! » et j’ai tout rasé. Ça paraît tellement cliché, mais ça m’a aidé à dépasser ce sentiment de particularité physique et à me dénuder un peu plus sans en avoir peur.

Mes deux grands-parents m’avaient laissé un peu d’argent, et c’était juste ce qu’il fallait pour presser les deux sorties suivantes. Je me suis juste dit « C’est ce que je veux faire, c’est ce en quoi je crois » et je voulais que ce qu’ils m’avaient laissé compte et puisse faire une vraie différence. Alors je me suis juste lancé. J’avais la motivation, j’avais bossé dans la musique pour des gens qui n’en avaient jamais rien eu à faire de mon développement, qui m’avaient mal encadré, qui ne m’avaient pas donné la plateforme nécessaire pour m’épanouir. Alors j’en ai créé une à partir de mes propres expériences, et me suis promis de la diriger avec une éthique de soutien des artistes. Je veux que personne ne se sente délaissé comme je me suis senti. C’est dur quand personne n’en a rien à foutre de toi. Alors tu y vas et tu crée cet espace pour toi-même et les personnes en qui tu crois.

C’est de cette nature prolifique que vous avez ressenti le besoin de lancer en 2015 Lobster Distribution ? Comment est dirigé le choix des labels à distribuer ? Un morceau coup de cœur récent dans un de ces labels ?

La nature prolifique de Lobster vient définitivement d’une explosion d’énergie que j’avais refoulée pendant tant d’années. Ça semblait aussi être le bon moment pour redoubler d’efforts dans cette direction. Des nouveautés 24h/24, une faible concentration sur internet, et des achats de disques hebdomadaires. Ça semblait très bien de un à trois morceaux par mois tant qu’ils étaient variés musicalement et en terme de retombées, d’où WHT, BLK, Mörk et Distant Hawaii.

Je distribuais moi-même depuis mi-2014, et j’appréciais beaucoup cette liberté. Cela signifiait aussi que je pouvais me rémunérer un peu pour me soutenir, tout en gardant de l’argent pour des projets plus créatifs, et (j’imagine que c’était le schéma de la croissance) je distribuais aussi différents labels pour des amis… Wandering Eye, Proto-Sites, TK. Les distributeurs semblaient aussi moins avides de mettre la main sur de nouveaux labels sans une approche de limitation des risques – mettant le titre d’abord en pré-commande, n’étant pas sûrs, cherchant d’abord plus de sécurité – comme j’en avais fait l’expérience avec Palms Trax et je voulais voir un changement dans cette approche, je voulais voir des distributeurs qui mènent le jeu avec de nouveaux labels et artistes enthousiasmant et qui font avancer les choses.

« Regarder les gens s’épanouir à l’intérieur et à l’extérieur de Lobster est un véritable rêve. »

Quand j’ai lancé la distribution, on est passé de sept à quarante labels en une semaine. Beaucoup de nouveaux labels qui pressaient eux-mêmes, certains que j’ai moi-même A&R (Artists and Repertoire, ndlr), d’autre avec des accords de presse et distribution. C’était une période excitante. J’étais fou aussi ! Je vivais dans un entrepôt partagé, qui faisait logement et lieu de travail, et deux potes venaient et travaillaient sur mon bureau, puis mangeaient leurs sandwiches sur mon lit, ahah !

Joe Bush est l’un de mes meilleurs amis qui est monté à bord du navire et m’a vraiment aidé à amener la distribution là où elle est aujourd’hui. Calum a été la première personne à travailler ici. C’est un véritable personnage. Mais c’est aussi un incroyable DJ et sélectionneur. Ils sont tous les deux passés à de nouveaux projets, mais j’ai le sentiment que chacune des histoires à Lobster doit prendre fin un jour si nous faisons du bon travail.

Rosy et Paul qui gèrent la distribution à présent sont incroyables, ils ont tous les deux des projets externes qui fonctionnent (Rosy dans le management et Paul avec le label Of Paradise). Teti qui réalise le graphisme l’a totalement remanié à sa façon et dans son super style.

Anete qui est à la vente, vient probablement de lancer le label avec le meilleur nom qui puisse exister ‘Human Concrete Block’ !

Regarder les gens s’épanouir à l’intérieur et à l’extérieur de Lobster est un véritable rêve. C’est une autre dimension pour nourrir et soutenir le talent à la fois artistique et professionnel.

Le modèle de fonctionnement de Lobster est plutôt atypique. Afin de perdurer, penses-tu dans un futur proche que les labels vont devoir abandonner une activité « classique » pour se tourner vers de nouvelles formes d’organisation ?

Je ne suis pas sûr de comprendre la question… ahah, mais je vais faire de mon mieux pour y répondre !

J’ai l’impression que la nouvelle structure des labels va être orientée vers des collectifs plus centrés sur l’art, qui s’expriment à travers des plateformes visuelles comme Instagram mais aussi des plateformes de fans « direct » comme Bandcamp – c’est-à-dire couplée à une plus large portée numérique (distribution numérique : téléchargement, diffusion par des plateformes comme Spotify et Youtube). Ceux qui s’engagent dans la musique électronique « underground » veulent rendre cette musique plus accessible à présent et offrir plus de choix pour se la procurer. Les sorties exclusivement sur vinyle fonctionnent dans un contexte limité (dans certains labels, cela fonctionne vraiment bien) mais il y aura toujours un moment où les fichiers sont échangés via Soulseek ou uploadé sur Youtube. Le numérique connaît un véritable essor car de plus en plus de DJs et de fans veulent avoir accès à des tracks lorsqu’ils sont en déplacement.

En plus de ça, les technologies qui permettent de caler le tempo automatiquement arrivent en force, sous la forme de pleins de nouveaux DJ’s émergents qui sortent des mixs parfaits sur CDJ 2000 (platine numérique phare de la marque Pioneer, ndlr). Avec tout ça l’oreille du public et des autres DJs est de plus en plus attentive aux détails. Et ce jusqu’à ce qu’on réalise tous qu’on est juste en train de glisser dans le vortex du mix tech house parfait 😉

(Je ne critique pas la tech house, Johnny D. dans sa jeunesse, DJ Madskillz et Oxia on toujours un place très grande dans mon cœur ne vous inquiétez pas ! )

Pour en revenir à ce que nous disions, tout va aussi de paire et en tandem avec la mode actuelle des DJs dits « selector », et je pense que cela montre qu’il y a tout une variété de propositions et d’idées qui se propagent en ce moment-même plutôt qu’une seule et unique méthode ou manière de faire. C’est vraiment libre, il y a plein d’endroits pour faire ce qu’on veut et pour se faire connaître par soi-même. 8 ans plus tôt c’était impossible d’être programmé sans avoir produit de morceau, c’est très libérateur qu’il y ait cette chance pour un spectre d’artiste de briller en tant que performeur et d’avoir une scène pour leur expression artistique.

Ce n’est pas la première label night sur le bateau Concrete, quelle particularité as-tu trouvée sur la barge et pas dans les autres clubs ? Un morceau qui a mis le feu au dancefloor lors de la dernière ?

C’est une fête. Une véritable fête où les gens veulent danser. Ils catalysent une véritable énergie dans le lieu et pour le DJ. J’ai eu l’impression que c’était eux qui me faisaient jouer et je jouais les morceaux en fonction d’eux ahah. C’était une expérience incroyable, surréaliste, sans limite et sans soucis. Je n’ai presque rien bu et j’ai juste joué et transpiré (beaucoup !). Il y avait vraiment une atmosphère fantastique.

Sur le Woodfloor il y a une ambiance sauvage. La dernière fois, j’ai eu la chance de jouer aux deux étages, et quand j’ai commencé à y jouer, je me suis senti totalement libre, je voulais jouer de la House Française, donc je l’ai fait. C’est ce qui a lancé mon amour pour la musique électronique donc je voulais vraiment jouer ces morceaux à Paris.

« Un conseil, troquez vos cigarettes contre du gin et la piste de danse. C’est le meilleur choix ! »

Je pensais que ce serait un peu cheesy mais dès que j’ai joué Daft Punk, il y a eu un raz-de-marée de gens et de cris.

Le booth est si petit, c’était comme une finale héroïque d’un film de zombies ahah. Tout ceux qui ont joué ce jour-là ont vécu une expérience qui a changé leur vie. J’ai eu l’impression de trouver une nouvelle vraie maison pour Lobster (aux côtés de Corsica Studios) et j’espère vraiment que nous pourrons revenir encore et encore après ce week-end. Quelque chose de très spécial a été construit ici à Concrète. Et ça nous touche vraiment.

Un dernier mot pour ton public du 24 ?

Soyez prêts pour un long marathon (c’est un spécial 48H !). Attendez-vous à de bonnes vibrations, de la chaleur sur le dancefloor, des corps transpirants, du double tempo et du swing  bossa nova réalisé à partir de vieux claviers Casio.

Cela va être une véritable fête Lobster et nous voulons que chacun communie à l’intérieur, alors essayez de ne pas trop sortir fumer.  Un conseil, troquez vos cigarettes contre du gin et la piste de danse. C’est le meilleur choix !

Questions : Paul Malye.
Traduction: Raji Ben Gara, Anna Justine, Chloé Magdelaine, Paul Sinh.

>>EN>>

Can you tell us how Lobster Theremin was born ? The encounters that led to its creation ? What would be one of the tracks that represent the origins of the label ?

Lobster Theremin was the culmination of a very personal musical and conceptual journey through music, design, art and life that started with two friends wanting to put out a record and became a platform for under represented, underground electronic music producers. I focused on new and first-time artists and I feel like the level of trust this built through the quality and consistency of the music, plus the un-intimidating light-hearted community and family feel, helped to really make an impression on artists and fans at the time of it’s inception and growth.

I have worked in events for a long time and the experience of launching new artists that way through DIY parties and venues – whilst getting further into vinyl culture and also the whole VHS / 80’s & 90’s throwback Tumblr, early gif memes and a whole range of dusty and interesting produced beat-based music – led to this outlet for a warmer and more emotive side of electronic music.

There is a such a range of music from the label it’s hard to pick one track that defines what we do but I think ‘Imre Kiss – Non’ comes very close. Legowelt-ian synths, classic drums, really unique production and glistening euphoria. He is a very special producer.

A recent track that really inspired me has been ‘Things Won’t Change’ by TRP. It sounds like an old Lobster track haha I think that’s why I love it. Super melodic, deep and pumping with emotional pads. There is also ‘Journeyman’ by Shedbug which is a killer electro-saw-wave banger. Ace production. Always makes you pull this face ===> >:)

There is also another LUZ1E EP in the works and this one is really melodic and raw but with some aquatic and more fluid electro tracks. Her production power and grasp of synth processing is super inspiring. She’s really one to watch for the future.

Lobster Theremin has been very productive from the beginning. How do you keep such a high releasing frequency with such high-quality productions ?

The high rate of releases came about partly because it took so long to get the first release out (I’m sure most labels experience this) and also due to finding so much new talent I wanted to release in the meantime. By the time the first Palms Trax release came out I had another ten artists signed so then it was more the logistical challenges of pressing and cashflow.

The years 2013 and 2014 were very tough for me personally as I lost two grandparents and a major personal relationship in my life broke down. My mum’s mum (my nan) and my dad’s dad (my grandad) had been incredibly close, inspiring and loving influences in my life and to lose them both in the space of 6 months was devastating. I had a real loss of identity and idea of self-love and care. I’d always had this weird insecurity that my head was massive and covered in lots of moles and that I could never shave my head or have it too short. So I just said fuck it and shaved it all off and it sounds so cliché’d but it helped me to remove that sense of distinguishing visual identity and
to bare who I was a bit more without having any fear.

Both my grandparents left me some money and that was just enough to press the next couple of releases. I just thought « This is what I want to do, this is what I believe in » and I wanted what they had left me to matter and to really help make a difference. So I just went for it. I had the drive, I’d worked music jobs for people who never gave a shit about my development, badly managed me, didn’t give me the platform to flourish. So I made one from my own experiences and vouched that I’d lead with an ethos of artist support. I don’t want anyone to feel as left out as I did. It’s raw when no-one gives a shit about you. So you go and make that space for yourself and the people you believe in.

Is it the prolific nature of the label that led to Lobster Distributions launch in 2015 ? How do you choose the distributed labels ?

The prolific side of Lobster definitely came from an explosion of energy that I’d had pent up for many years. It also felt like the right time to ramp things up in this way. 24 hour news, short internet attention spans, and weekly record buying. It seemed totally fine to release 1-3 releases a month as long as they were varied musically and in terms of outlet, hence the WHT, BLK, Mörk and Distant Hawaii subs.

I was self-distributing from the middle of 2014 and enjoying this freedom a lot. It also meant that I myself could take some money to support myself whilst saving the money from the label for more creative projects, and (guess this was the pattern of growth. I was distributing several labels for friends.. Wandering Eye, Proto-Sites, TK. Distributors also seemed less eager to take on new labels without having a limited risk approach – putting the title on preorder first, not being sure, wanting more security first – that was my experience with the Palms Trax release and I wanted to see a change in this approach, to see distributors leading with exciting new labels and artists and pushing things forward.

When I launched the distribution we went from about 7 labels to 40 in a week. Lots of new labels both pressing themselves and some I A&R’d for some P&D (pressing & distribution) deals. It was an exciting time. It was also crazy! I lived in a shared live-work warehouse and two mates would come and work from my room at my desk then eat their sandwiches whilst sat on my bed, haha. Joe Bush is one of my very best friends who came on board and really helped me to get the distribution where it is today. Calum was the first person to work here. He’s a real character and out-there madman. He’s also an incredible DJ and selector. They’ve both moved on but I feel that
everyone’s story at Lobster has to come to an end some day, if we are actually doing a good job of pushing people forwards and upwards.

Rosy and Paul who manage the distribution now are incredible, they both have external projects that are flying (Rosy with management and Paul with the label Of Paradise). Teti who designs for Lobster has totally broken out in her own way with her amazing style and signature. Anete who does the sale is starting probably the best named label ever, Human Concrete Block(!) Watching these individuals flourish inside and outside of Lobster is a real dream. It’s another dimension to nurturing and supporting talent both artistic and professional.

Lobster’s functioning is rather unusual. Do you think that, not so far from today, labels will have to give up their « formal » activity to lean towards new forms of organization ?

I’m not entirely sure what this question means haha but I’ll do my best!

I feel like the new structure of labels is going to be towards more artistic-centred collectives using visual social platforms (Instagram primarily) as well as strong direct to fan platforms (Bandcamp) coupled with a wider embrace of digital (full digital distribution to download & streaming with an emphasis on Spotify & Youtube availability). Individuals who engage with underground electronic music want more accessibility and choice now. Vinyl-only works in limited contexts (for some labels very well) but there’ll always be a Soulseek rip or a 320 Youtube DL that someone’s tidied up. Digital is having a huge surge as more and more new and travelling DJs and fans want access to
tracks.

In addition to that, there is the beat-matching high-standards and specificity that seems to be rolling back hard with a vengeance, as a whole wave of newcomers kick out perfect mixing on CDJ 2000’s. As all this happens the ear of the public and other DJs gets more and more detailed. Until we all realise that we’re just sliding into a vortex of perfect tech house mixing 😉

(Although don’t knock tech house. Early Johnny D, DJ Madskillz and Oxia still has a solid place inmy heart don’t you worry!)

Back to the point. This all runs alongside and in tandem to the current DJ-focused “selector” trend and I guess it just shows that there is a whole variety of conditions and ideas flowing at the moment rather than a single way or method. It’s very freeform, there’s a lot of space to do what you want to do and find your own expression. Eight years ago you couldn’t get booked without producing tracks, it’s very liberating that there is this opportunity for a spectrum of artists to now shine as performers and have a platform for their artistic expression.

It will not be your first label night at Concrete. What did you find on the boat, that you didn’t in other venues ? What track set the dance-floor on fire during your last visit ?

It’s a party. Like a real pumping party and people want to dance. They really channel so much energy into the venue and to the DJ. I felt like they played me and I played the tracks haha. It was an unreal experience, no limits, no worries, totally comfortable. I barely drank anything and just danced and sweated a lot. It’s a beautiful massive underground rectangle of vibes. The upstairs away from the dance floor is a lovely relief and cool-off, but the second floor (Woodfloor) is totally wild. The last time I was lucky to play both floors and when I went up to play the Woodfloor I was totally shameless. I wanted to play all French House so I did. It’s what kicked off my love of electronic music so I wanted to play these tracks in Paris. I kept thinking it would be cheesy but as soon as I played Daft Punk there was like a tidal wave of people and screaming. The booth is so small, it was like an epic finale from a zombie movie hahaha.

Everyone who played that day had a life-changing experience. I felt like I’d found another true home for Lobster (alongside Corsica Studios) and I really hope we can keep coming back. You guys have built something very special here. It really does reach in and touch the soul.

One last word for the March 24th dancers ?

Come prepared for the long haul (this is the 48hr special!) Also, Lobster won’t pull any punches cause it’s a Friday. Expect slow dredging darkness, good vibes, hot dancing, sweaty fast techno, non-4/4, double time and that swing Bossanova preset from the old Casio keyboards 😉 it’s going to be a real Lobster party and we want everyone to be inside for the vibe so try not to go out and smoke too much. Swap the cigs for gin & the dance floor. It’s the better choice.

 

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