INTERVIEW – LAETITIA KATAPULT – 20 YEARS ANNIVERSARY

INTERVIEW – LAETITIA KATAPULT – 20 YEARS ANNIVERSARY

2017 commence sur les chapeaux de roues, Katapult fête ses 20 ans et a choisit d’investir 3 lieux incontournables du folklore underground parisien sur 3 jours. Un weekend qui s’annonce d’être une belle fête d’anniversaire.

Katapult est avant tout un couple, une histoire qui a aujourd’hui 20 ans et qui continue de rassembler des amoureux de la musique, des plus jeunes aux vétérans.

À l’occasion des 20 ans, Laetitia Katapult a bien voulu répondre à nos questions sous forme d’interview Skype.

– Bonjour Laetitia, peux-tu nous raconter tes débuts avec Alex ?

– Hello, avec Alex on s’est rencontré quand on avait 20 ans on est originaire de Normandie, on a pris la décision d’ouvrir un magasin de disque à Rouen en 95/96 après avoir fait un petit crochet par Montpellier.

Étant passionnés de musique, on allait dans des fêtes, on achetait des disques de musique électronique déjà à l’époque, alors pourquoi pas ouvrir une boutique de disque à Rouen. Il n’y en avait pas.

Petit à petit on a monté le label Katapult, puis on a voulu avoir une visibilité un peu plus nationale, mais on s’est rendu compte que ce n’était pas facile quand on ne connaissait pas les journalistes. Du coup on a pris la décision de bouger à Paris, pour rencontrer des gens, faire découvrir qui on est et défendre nos idées, nos valeurs musicales.

En arrivant à Paris, on ne connaissait que très peu de monde, mais lorsqu’on a ouvert on avait un stock de disques exceptionnel. Les gens étaient dans la musique un peu plus dure à Rouen, notre stock de house, trip hop, hip hop, etc. était de ce fait des plus impressionnants.

On allait acheter nos disques en Allemagne, en Angleterre et en Belgique toutes les semaines. On écoutait tous les disques avant de les acheter pour la boutique. Du coup on avait jamais de mauvaise surprise. Zéro déchet. On a eu un succès fulgurant grâce à ça.

C’était aussi la fin de la French Touch, les gens ne connaissaient pas encore très bien la scène Perlon, Playhouse, BPitch, Kompakt à l’époque. Ça a créé un renouveau, il y a eu une émulsion autour de la boutique.

Nous avons ouvert à Paris une première boutique au métro Parmentier. Trop petite au bout d’un an nous avons bougé à Carreau du Temple puis fermé définitivement en 2005.

À cause de la démocratisation de la vente de disques sur internet, et aussi les autres boutiques parisiennes qui commençaient à faire le même son que nous.

– Vos débuts avec le Rex Club ?

– La première soirée Katapult a eu lieu en 2000 au Rex club. Cabanne était un des clients de Katapult avec qui nous sommes devenus amis. Il était régisseur lumière au Rex. Il a parlé de nous aux équipes du club en nous présentant comme ayant un nouveau son, c’est donc grâce à lui qu’on a été introduit là-bas.

Ça a tout de suite bien marché, on a fait une première soirée avec Markus Nikolaï, c’était un jeudi soir il y a eu 1000 personnes. S’en est du coup suivi une résidence une fois par mois. Nous avons fait fait venir tout le clan Playhouse avec Losoul, Isolée, Ata la seconde fois, puis on a enchainé avec des artistes comme Ricardo Villalobos, Zip, Thomas Brinkmann, Akufen, Ark, etc. Nos soirées ont, comme la boutique, eu un succès très rapide.

– Et votre rencontre avec Ricardo Villalobos ?

– On achetait des disques chez un distributeur en Allemagne qui se situait à Offenbach, Ricardo était magasinier là-bas. Puis quelque temps plus tard après avoir fermé à Rouen, il est passé un jour on était là (il n’était pas très connu à l’époque) de là on a commencé à sympathiser à l’inviter à venir jouer à Paris voilà.

C’est un des seuls qui nous a toujours été fidèle avec des mecs comme Baby Ford et quelques autres qui ne nous ont jamais lâchés. Ils sont partis du principe qu’on a fait beaucoup de travail pour eux, ils n’étaient pas du tout connus à l’époque, on a pris des risques […] Ricardo depuis, vient jouer chaque année pour nous. C’est une forme de reconnaissance en quelque sorte, parce que c’est un mec bien. Il a les valeurs que j’aime, c’est un bel humain.

– J’imagine que devoir gérer tout ça implique des moments de galères ?

– Oui bien sûr, après la belle époque, certains artistes ont eu envie d’aller voir ailleurs c’est normal, mais on ne comprenait pas trop à l’époque, on commençait à être un peu frustrés et un peu flippés de les voir partir.

Nous rentrons dans les années noires de Katapult. On se prend une bonne tarte. On se retrouve un peu isolés, tout le monde quitte plus ou moins le navire. Alex repart bosser dans l’affaire familiale et moi toujours à Paris j’essaye de continuer à faire tourner Kata. Je manque de motivation, je n’ai pas trop la patate, c’est une période de flottement pour nous. On fait des soirées qui ne marchent pas trop, ça va durer quasiment cinq ans, mais on ne lâche pas l’affaire !

Un peu avant 2010 quand il commence à y avoir une nouvelle dynamique grâce à la soirée Sundae de Céline et Giorgio, il y a une espèce d’émulation. On voit plein de jeunes débarquer. Ils s’intéressent à cette musique, un vent de fraîcheur est né. Comme on n’avait rien lâché, on profite un peu de cet élan pour relancer nos activités et finalement on est plutôt de nouveau positif, ça se passe bien.

– Et votre histoire avec Akufen ?

– Akufen c’est un vieux pote ! Ça faisait super longtemps qu’on parlait de faire un disque ensemble et donc y’a quelque temps il nous a proposé un Maxi et franchement les retours sont très positifs, on est super content, en fait on s’est rendu compte qu’Akufen manquait vraiment à la scène actuelle, ça faisait un moment qu’il n’avait rien sorti et franchement c’est une belle surprise pour nous de voir à quel point les gens le soutiennent encore. C’est un très bon disque aussi, mais je ne m’attendais pas à ça.

Akufen c’est un grand artiste, à l’époque il avait sorti l’album My Way sur Force Inc. qui avait fait énormément de bruit. C’est un des albums d’artiste aussi pointu qui a fait le plus de vente dans les années 2000 il a fait plus de 30 000 ventes à l’époque

Je pense qu’on est les premiers à l’avoir fait jouer sur Paris. Comme il est Canadien, quand il venait il restait quelque temps à Paris. Il dormait à la maison, on a eu le temps de devenir ami. On a les mêmes passions : manger, bien boire, écouter de la bonne musique, c’est un ami.

– Peux-tu me parler du label Karat ?

– On a créé le label Karat en 2000 avec Ark. C’est Alex qui aimait beaucoup ce qu’il faisait et Florent Schmidt, un des meilleurs amis d’Alex, nous l’a présenté. L’aventure du label Karat a alors commencé. Ce sont enchainés les rencontres avec Chloé, Krikor, Cabanne, tous les artistes qui ont signé chez nous à l’époque Mr Oizo, Feadz… toute la clique.

– Peux-tu me parler de votre plateau des 20 ans plus en détail ?

Max Vaahs je ne le connais pas du tout, il est de l’école de Francfort. Il a une résidence au Robert Johnson. J’ai lu beaucoup de commentaire dithyrambique à son sujet. Venant de la même école que Ricardo, nous nous sommes dit que c’était opportun de le mettre en avant.

Myako et Oxyd on ne les a jamais fait jouer, ce sont des gens très impliqués sur la scène actuelle avec leurs émissions de radio, leurs productions, les labels, etc.

Jef K fait partie de la famille Katapult, il a fait l’ouverture de Ricardo Villalobos à l’électrique il y a deux ans, c’est un artiste qui a beaucoup de talent et qui est un des piliers de la scène deephouse. On a appris beaucoup de choses avec lui à travers nos échanges musicaux et c’est un grand voir très grand DJ.

Jean Nipon et Feadz ce sont aussi nos enfants. Jean Nipon fait souvent nos graphismes surtout sur les grosses soirées, Il est à l’origine des visuels des 20 ans. Il était vendeur chez nous à Katapult. Il a bossé deux ans là-bas, il est super drôle, c’est vraiment un personnage, on s’est éclaté avec lui. Quand à Feadz sa culture musicale est hors du commun, il est très éclectique et ne mixe comme personne.

Mathilde c’est ma copine, c’est une fille qui en veut beaucoup, une grosse passionnée de musique, qui cherche beaucoup de disques. Elle s’est créé une grosse collection en très peu temps, elle passe ses journées à faire ça, elle me fascine. Je mixe avec elle, elle me donne beaucoup d’énergie.

Pit Spector c’est le frère de Ark. Francis et Pit je les connais depuis qu’ils sont tout petits, on faisait des fêtes de famille dans l’appartement des parents de Ark et Pit. C’étaient des enfants. Ils nous regardaient en disant, nous aussi plus tard on fera comme vous. Ils ont ouvert comme prévu, le Zero Zero avec leur clique. Ils ont fait plus fort que nous en fin de compte !

Ils ont beaucoup de talent, une sorteb d’esprit punk, mais sans être no futur.

Les petits jeunes de Dko, sont déjà venus jouer chez nous. On aime bien leur énergie et leur état d’esprit, je pense qu’ils font partie du futur de la scène parisienne, on a donc naturellement eu envie de les mettre en avant.

En ce qui concerne le dimanche on est plus dans le Krew Karat avec beaucoup d’artistes qui ont fait des projets chez nous, E/Tape c’est un peu différent, il vit à Ibiza. Il fait des podcasts d’Ambient, des choses atmosphériques. Il fait partie de la clique de Nicolas Lutz. Nous avions aussi envie le dimanche de mettre en avant cette musique qui nous paraît être essentielle dans les fêtes surtout  quand les gens commencent à être fatigués. C’est toujours cool d’avoir une salle ou tu peux te poser, parler. Masomenos ce sont aussi des amis. Nous avons sorti un disque ensemble, j’aime bien leur univers, je joue régulièrement avec eux. L’invité surprise c’est un génie, mais je ne peux pas l’annoncer à cause du bizness de la House.

Ark impossible d’être là sans lui c’est un peu le fer de lance de Katapult, il fait partie intégrante du projet, c’est un frangin, beaucoup de talent, je suis très contente qu’il soit là pour les 20 ans. Il y a aussi Sacha Macadam Mambo qui dans son style n’a rien à envier à qui que ce soit. Ce qui est intéressant avec les artistes qui viennent dimanche c’est qu’ils ont tous une très grosse personnalité dans des styles bien précis, ils sont tous très pointus dans leur genre.

Lord Funk, Davjazz et DJ Mag s’occuperont de la salle disco / funk et je pense qu’ils ont les disques les plus intéressants de Paris.

The Mole qui a sorti des trucs chez nous, est comme un frère c’est un gros DJ. Il a un des meilleurs labels de tous les temps et il s’achète les meilleurs disques qui existent au monde.

Pour résumer, tous les artistes présents sont les meilleurs, les plus passionnés, les plus fous de leur génération

Bon écoute je crois que ça va être une grosse fête de famille, tout le monde à l’air bien excité, moi je t’avoue que je suis dans la phase de stress, je commence à moins rigoler, j’ai hâte d’y être !

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