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INTERVIEW & PLAYLIST – NEEL & SPAZIO DISPONIBILE

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Juste avant son passage à Concrete pour la soirée avec Spazio Disponibile, Neel aka Giuseppe Tillieci – moitié de Voices From the Lake avec Donato Dozzy – a accepté de répondre à nos questions et vous a concocté une playlist exclusive pour vous préparer à danser non-stop le 27 avril. En plus, on vous fait gagner des places.

>> FR>>


Salut Giuseppe, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Tout d’abord quelques éclaircissements autour de votre duo formé avec Donato Dozzy : Voices of the lake. Ce nom est apparu en 2010 sous un mix que tu avais enregistré. Comment l’idée de former un duo avec Donato sous cet alias est apparue ? Par la suite vous avez monté Spazio Disponibile en 2016, quelles ont été vos motivations derrière ce label ?

Voices From The Lake a commencé de manière très naturelle, cela faisait déjà longtemps que nous faisions de la musique ensemble. Le premier EP nous avait été commandé par Prologue après qu’ils ont écouté un morceau (Drop 2) qui fut ensuite inclu dans notre tout premier EP.

Après que l’EP fût prêt, nous avons dû penser à un nom pour le projet, VFTL était le titre d’un mix que j’avais fait, inspiré par un endroit qui est un lieu clé pour Donato et moi. Alors pourquoi ne pas l’utiliser à nouveau ?

Après quelques années à travailler ensemble en studio, on est partis sur la route de plus en plus. Cela nous a inspiré à jouer en jam live sur scène, plutôt que dans le studio. Comme Prologue a fermé et que nous avions tant d’amis qui produisaient de la bonne musique, nous avons tout assemblé ensemble dans Spazio Disponibilie : un foyer pour de la musique électronique expérimentale, mais aussi une plateforme pour des sorties et des concerts.

« (…) je ne sais pas si c’est intellectuel ou non, mais je suis sûr que je ne le fais pas uniquement pour divertir, expérimenter est la meilleure manière de le faire. « 

Avec votre musique vous avez vraiment cassé les codes rigides de la techno, vos morceaux évoluent dans une continuité sans prévisibilité. Était-ce une volonté de rompre avec ce qui se faisait à ce moment-là ?

Il n’y a pas grand chose à réfléchir là-dessus, nous n’avons jamais pensé que nous étions sur le point de casser les codes rigides de la techno. Je fais juste de la musique, seul, avec Donato ou d’autres artistes, et je suis le chemin qui me plait le plus, en essayant de ne pas me répéter. A propos de l’évolution des morceaux, j’aime à trouver de nouveaux sentiers, en essayant de structurer parfois les morceaux autour d’un élément principal qui n’est pas habituellement considéré comme un élément principal. Ça te force à penser et travailler d’une manière totalement différente et on a trouvé ce processus intéressant – mais appeler ça « casser les codes de la techno » serait un trop grand honneur, honnêtement.

Pour beaucoup de gens la musique de club a pour vocation de divertir. Votre approche de la musique est très cérébrale, comment arrivez-vous à concilier les deux ?

Je pense que la musique devrait toujours être intéressante, quand je fais de la musique, je ne pars pas d’une idée précise, je commence par jouer avec mes machines, et quand je fais quelque chose d’intéressant, je le garde.

Quand on parle de musique orientée club, la partie principale est le groove. Je passe énormément de temps à le concevoir et lui donner forme, chaque élément doit être équilibré et en harmonie avec les autres, le groove doit pouvoir tourner dans une boucle infinie, sans que cela ne fatigue l’oreille. C’est une partie clé parce que c’est l’attraction principale pour ton corps quand tu danses.

L’autre partie du travail est de rendre le morceau captivant, tout d’abord pour moi-même. Je ne sais pas si c’est intellectuel ou non, mais je suis sûr que je ne le fais pas uniquement pour divertir, expérimenter est la meilleure manière de le faire.

 

De l’italo disco à la dream house, l’Italie a toujours eu une orientation très marquée dans le paysage des musiques électroniques. On assiste de nouveau à cette tradition avec votre label et des artistes tels que Marco Shuttle, comment peux-tu expliquer cette singularité italienne ?

J’ai essayé de répondre à cette question de nombreuses fois, mais je n’ai jamais trouvé de réponse. Je pense que peut-être nous (les italiens) sommes assez chanceux pour vivre ou grandir dans un pays avec une grande culture, où nous sommes tous entourés de beauté.

Par exemple, si je pense à moi-même, j’ai grandi artistiquement à Rome, une ville pleine d’histoire, tu vois la beauté partout autour de toi, peut-être cela a-t-il aiguisé mon sens artistique par le passé.

Mais dans le même temps, je ne pense pas que l’on puisse parler de « singularité italienne » de nos jours. Il y a bien sûr des artistes italiens avec leur touche unique, Marco en fait partie, et je suis très heureux de l’avoir à mes côtés.

« Nous nous influencerons les uns les autres, nous construirons la nuit ensemble. »

Les événements Spazio Disponibile sont rares. Vous êtes en ce moment sur une tournée très limitée avec 4 dates, pourquoi avoir choisi de faire si peu d’événements ? Quels ont été vos critères de sélection pour les clubs choisis ?

Nous voulons présenter le label à un public chaque fois plus grand sans perdre notre identité et nos ambitions musicales. Les clubs avec lesquels nous avons choisi de travailler pour cette tournée (et qui ont choisi de travailler avec nous bien sûr) partagent tous cette vision, ils ont un certain standard de qualité et nous ont vraiment soutenus, Donato et moi, tout au long des dernières années. De plus, ils tendent à amener un public qui vient pour bien plus que de la simple musique de club. Comme nous expérimentons avec plusieurs sortes de musiques électroniques, c’est très important d’avoir un public ouvert d’esprit en face de nous. Et à partir du moment où tous (les artistes et le public) sont sur la même longueur d’onde, l’échange peut vraiment commencer et l’énergie monte de quelques crans. C’est à ce moment-là que la magie se produit, et que nous atteignons ce Spazio Disponibile 🙂

 

Un dernier mot pour votre public de Concrete du 27 avril ?

J’aimerais dire à notre charmant public français de nous rejoindre dès le début de la soirée, je n’ai aucune idée de ce que nous ferons, et j’aime beaucoup cela, et donc j’invite les gens à se joindre à nous et prendre part à ce processus. Quoiqu’il se passe, B2B ou live jam, ça viendra seulement de l’énergie qui se créera entre le public et nous.

Nous nous influencerons les uns les autres, nous construirons la nuit ensemble.


>>EN>>

Hi Giuseppe, thanks for agreeing to answer our questions. First, some clarifications about the duo you and Donato Dozzy formed : Voices of the Lake. This name appeared in 2010 with a mix you recorded. How did the idea of creating a duo with Donato under this alias come up ? Thereafter, you created Spazio Disponibile in 2016, what were your motivations to do that ?

Voices From The Lake started in a very natural way, we were making music together for a long time before that. The first EP was commissioned by Prologue after they listened to one track ( Drop 2) which was then included on our first EP ever.

After the EP was ready, we had to think how to name the project, VFTL was the name of a mix I did, inspired by a place that is a key point for Donato and I. So why not use it again ?

After a few years of working together in the studio, we got on the road more and more. This inspired us to jam live on stage instead of the studio. As Prologue closed down and we had so many friends producing good music, we brought everything together in Spazio Disponibile : a home for experimental electronic music which is a platform for both releases and shows.

« (…) not sure if it’s intellectual or not at the end, but for sure i don’t make it only for entertain, experimenting is the best way. »

With your music, you really broke the rigid codes of techno, your tracks continually, and unpredictabily evolve. Was it a conscious choice to break with what was being done at this moment ?

There is not so much to think about it, we never thought that we would be going to break the rigid codes of techno. I just do music, alone, with Donato or other artists, and I follow the way I like the most, trying not to repeat myself. About the evolution of tracks, I like to find new paths, trying to structure tracks sometime by putting a main element as something that usually could not be considered as main, this way it forces you to think and work in a completely different way and we found this process very interesting – but to call it breaking the rules of techno, would be a bit too much honor, to be honest.

For lots of people, club music’s drive is to entertain. Your approach of music is rather very intellectual, how do you manage to conciliate both ?

I think that music should be always interesting, when I do music, I don’t start from a specific idea,I start to play around with machines, and when I do something interesting,  keep on doing it.

When we talk about club oriented music, the main part is the groove, I spent a lot of time to shape and design it, each elements of it must be in balance and harmony, the groove has to turn in an infinite loop, something that does not tire you. That’s a key part because this is the main attraction for the body when you dance.

The other side is making the track captivating, first of all for myself, not sure if it’s intellectual or not at the end, but for sure I don’t make it only for entertain, experimenting is the best way.

From italo disco to dream house, Italy always had a very strong identity in the electronic music landscape. We still witness this tradition with your label and artists like Marco Shuttle, how would you explain this italian singularity?

I tried to answer this question many times but I never  found an answer. I think, maybe we (Italians) are lucky enough to live or grow up in a country full of culture, where everyone is surrounded by beauty.

Just for instance if I think about myself, artistically I grew up in Rome, city full of history, you see beauty everywhere around you, maybe this has increased my sense of aesthetics in the past.

But at same time i don’t think nowadays we can talk about “italian singularity”. There are for sure some Italian artists with a unique touch, Marco is definitely one of those and I’m so happy to have him on board.

« We will influence each other, we will build the night. »

Spazio Disponibile events are rare. You are currently in a very short tour, with 4 dates, why did you choose to have so few events ? What were your selection criteria for the selected clubs ?

We steadily want to introduce the label to a bigger crowd without giving away our identity and musical ambitions. The venues we have chosen to work with on this tour (and they chose us of course), all share that vision as well, have a certain quality standard and have been very supportive towards both Donato and me over the past years. Besides, they tend to bring in a crowd that is in for more than just club music. Since we are experimenting with several kinds of electronic music during the nights, it’s very important we have an open minded crowd in front of us. Then, when everyone (artists and crowd) is in the same line of energy, the exchange really starts and the energy gets to a higher level. That’s where the magic happens and we reach that Spazio Disponibile 🙂

One last word for you Concrete public on april 27th ?

I want to tell to our lovely french public to join us since the beginning, i don t have any idea of what we are going to make, and i really like it, so I invite the people to join us and be part of the process, whatever is going to happen, b2b or live jam, it will come alone following the energy between us and the crowd.

We will influence each other, we will build the night.

(c) Photos et bandeau : Spazio Disponibile

Interview par Paul Malye

Correction et traduction par Anna Justine

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