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INTERVIEW & PLAYLIST – TOLOUSE LOW TRAX ET LE SALON DES AMATEURS

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C’est avec un grand honneur que nous avons posé des questions au très pointu Tolouse Low Trax avant son passage à Concrete le 26 janvier. Fondateur du prestigieux Salon Des Amateurs à Düsseldorf, compositeur de génie et DJ intergénérationnel, on lui a demandé sa vision sur la scène électronique actuelle, sur son approche personnelle de la musique via le Salon ainsi que sur ses autres projets. Concentration.

[Interview originale en anglais plus bas]

Bonjour Detlef Weinrich, tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Depuis les années 1990 tu évolues dans une ville qui a vu naitre des formations krautrock mythiques telles que Kraftwerk, DAF ou Neu!. En montant le projet Salon Des Amateurs as-tu voulu poursuivre, comme le krautrock, cette idée de l’exploration musicale ? Trouves-tu que les producteurs actuels ont gardé ce sens de l’exploration dans leur musique ?

Bien sûr, l’extrapolation de cette tradition musicale qu’il y a à Düsseldorf nous était fondamentale. Quand j’imaginais le Salon Des Amateurs j’avais toujours en tête une sorte de nouvelle version du Ratinger Hof (Bar/club punk et artistique mythique de Düsseldorf dans les années 1970-1980, ndlr), mais ramené à notre époque, c’est à dire pas uniquement avec du punk et du new-wave. On voulait créer un lieu où les artistes et les musiciens échangent leurs idées, leurs réflexions et émotions, et on voulait partager avec la nouvelle génération ce qu’on aime, et d’une certaine manière les « éduquer ». Selon moi chaque musicien ou producteur devrait connaître comment c’était avant. Personne ne commence vraiment de rien. Grâce à Internet aujourd’hui il est très facile de faire des recherches dans tous les domaines. C’était beaucoup plus difficile avant. Aujourd’hui les jeunes DJs et musiciens peuvent apprendre beaucoup et très vite, alors que ma génération avait besoin de beaucoup plus de temps et d’investissement pour y arriver.

« On peut danser sur n’importe quoi tant que la musique est jouée dans le bon contexte. »

 

Tu as fondé le Salon Des Amateurs en 2004, a-t-il changé le visage de la scène électronique actuelle à Dusseldorf ?

Beaucoup de choses se sont passées depuis 2004. Quelques générations nous ont suivi au fil du temps. Nous avons eu le bonheur de leur transmettre ce que nous avions vécu à travers nos programmations et la musique que nous jouons. Quand nous avons démarré le lieu nous n’avions jamais imaginé être un jour si influents. C’est le meilleur compliment que nous pouvons nous faire ! Nous avons toujours voulu que le Salon soit bien plus qu’un simple espace de fête.

 

Le Salon Des Amateurs a une vision très spécifique du dancefloor, faut-il à ton avis décontextualiser la musique électronique, remettre en question la musique de dancefloor ?

On peut danser sur n’importe quoi tant que la musique est jouée dans le bon contexte. Selon moi Vladimir Ivkovic en est le meilleur DJ pour ça (il jouera aussi à Concrete le 26 janvier, ndlr). Il est très intrépide dans sa conception de ce qui peut être dansé.

« Préparez-vous à quelque chose de lent ! »

 

On voit de plus en plus de gens être attentifs aux nouveautés musicales et en même temps acheter aussi de vieux disques. On assiste également à l’émergence plus importante de labels tels que Music From Memory ou Dark Entries. Comment peux-tu expliquer l’existence de ce parallèle de plus en plus présent entre ancienneté et nouveauté ?

Les musiques anciennes et nouvelles coexistent parfaitement de nos jours. C’est de cette manière que les gens devraient interagir avec différentes cultures. C’est très excitant de voir une si large conscience musicale exister à cet instant précis. Je pense que c’est aussi pour cela qu’on entend autant d’excellentes nouveautés, ou du moins dans cette petite scène très spéciale que l’on peut encore qualifier d’underground. Mais ce n’est pas non plus nouveau, pensez à l’Italian Cosmic (cf. DJ Daniele Baldelli, ndlr) dans les années 1980.

 

Tu as monté un projet en 2016 avec Viktoria Wehrmeister et Jan Wagner : Toresch. Quelles differences y a-t-il dans ton approche avec ton alias Tolouse Low Trax ?

Toresch a débuté en tant que projet d’art, d’abstrait, avec une certaine attitude dans son énergie, très primitive et minimaliste, et avec beaucoup d’espace pour la voix. En comparaison, Tolouse Low Trax est plus léger mais toujours sous la forme de dance-music primitive et issue de machines. Toresch est plutôt Baile Punk (sorte de punk-new-wave électronique, ndlr)

 

Tu es plus souvent booké pour des lives que pour des DJsets, penses-tu que les promoteurs restent toujours frileux aujourd’hui à l’idée de ne pas avoir un set « beatmatché » ?

Je me considère comme un musicien. Donc ça me va. Jouer live est aussi plus excitant pour moi. Je dirais généralement que les sets non « beatmatchés » sont plus appropriés aux petits clubs, où il y a des promoteurs qui émettent moins de réserve avec ça. Les vrais passionnés et amateurs de musique l’écoutent différemment de toute manière. A part ça, j’arrive toujours à avoir du monde sur le dancefloor. De plus mes sets sont très éclectiques et c’est tout à fait clair dès le départ que le beat-matching n’est pas important. L’intérêt est dans le morceau en lui-même, et c’est pourquoi je ressens une plus grande attention dans la musique de la part du public. Et c’est tout de même un voyage aussi, vous savez…

Un dernier mot pour ton public du 26 janvier à Concrete ?

Préparez vous à quelque chose de lent !

 

[ENGLISH]

Since the 1990’s you evolved in a city where Krautrock bands like Kraftwerk, DAF or Neu! are born. Was the creation of the Salon Des Amateurs your way of pursuing the idea of musical exploration, as Krautrock did? Do you think that today’s producers and artists are still aiming at music research?

Of course, the extrapolation of Düsseldorf’s music tradition was a huge concern to us. When I though of Salon Des Amateurs I always had some kind of new version of Ratinger Hof in mind. But as a translation into our times which means it can’t be only Punk and New-Wave music. We wanted to create a social place where artists or musicians exchange ideas, thoughts and emotions. And we wanted to show to a younger generation what we love and somehow educate them. For me each musician or producer should know what has been in the past. Nobody can really start from scratch. Due to the Internet today it is really easy to research in all directions. Back in the days this was much more work. Today young DJs and musicians can gather a lot of knowledge in a very short time. My generation needed years and much passion to do this.

You founded the Salon Des Amateurs in 2004. How did it change the face of the electronic scene in Düsseldorf?

A lot has happened since 2004. A few generations followed us over the course of the year. We have been lucky to educate some of them due to our programming and the music we play. When we started the venue we had no clue that we once will be so influential. That’s the biggest compliment we could get!The Salon was always intended to be something more than just a party space.

The Salon Des Amateurs has a very specific view on the dance floor. Do you think electronic music should be taken out of context (out of the club)? Should we reassess dance music?

You can dance to anything as long as you place the music in the right context. For me Vladimir Ivkovic is the perfect DJ that shows how this can be done. He is very brave in his assertion of what is danceable.

More and more people pay close attention to new music, while buying old records at the same time. We also notice that some labels like Music From Memory or Dark Entries are springing up today. How would you explain these growing parallel tastes for old and new sounds

At the moment the coexistence of old and new music is like it has to be. That’s how I think people should interact with culture. It is fascinating to see what large awareness on music from all times exists momentarily. I think that’s why we are hearing so much great new stuff too. At least from this special little scene that you still can call underground. But that’s also not new. Just think on the Italian Cosmic scene from the 80’s.

In 2016, Viktoria Wehrmeister, Jan Wagner and you have started Toresch. Except for the fact that it’s not a solo project, what are the differences with Tolouse Low Trax?

Toresch started as an art project that should be hart, abstract and with a certain attitude towards its energy. Very primitive and minimal, with much room for a voice. In contrast Tolouse Low Trax is more playful but still very much primitive machine dance music. Toresch is rather Baile Funk.

Most of the time, promoters book you for live and not for DJ sets. Do you think it’s because they “fear” non-beatmatched sets?

I see myself as a musician. So it is ok for me. Playing live is also more exiting to me. Generally I would say that non-beatmachted sets can work in smaller clubs and that there are some promoters who have no problem with this. Real music enthusiasts and amateurs listen to music differently anyway. Apart from that I always manage to get the people on the dance floor. Also my sets are very eclectic so its clear from the start that beat matching isn’t important. The focus is on the single tracks and because of that I feel a bit more attention to the music when I see my audience. And it is still a journey too you know…

A little word for the Concrete crowd on January 26th?

Be ready for a slow trip!

 

Traduction : Paul-Sinh Vu-Ngoc et Raji Ben Gara.

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