LABEL O’ SCOPE #1 – WHITE MATERIAL : DE L’USINE AU DANCEFLOOR !

LABEL O’ SCOPE #1 – WHITE MATERIAL : DE L’USINE AU DANCEFLOOR !

LABEL O’SCOPE: Une fois par mois, Beat à l’air vous emmène à la découverte d’un label coup de coeur: focus et playlist à la clef !

 

New York est souvent décrite comme une ville ayant une énergie spéciale, en perpétuel renouvellement, et où vivre en tant qu’artiste rime avec survivre. Là bas, il n’y a pas de grosses institutions « underground » dédiées au monde de la nuit, contrairement en Europe avec Fabric ou Berghain, les fêtes se déroulent dans de petits clubs, dans de grands entrepôts, ou même parfois dans l’arrière-boutique d’une pizzeria. C’est probablement de ces particularités que nait la singularité des labels new-yorkais ; LIES, Exotic Dance Record, ou comme ici White Material.

En 2010 après avoir été diplômés de la Rhode Island School of Design à Providence, Galcher Lustwerk et Quinn Taylor (aka Young Male) décident de s’installer en colloc’ à New York, où ils sont vite rejoints par Dj Richard.

Dès le début les 2 cofondateurs axent l’image du label sur le brut, et la simplicité […]

C’est en 2012 en voyant tout leur entourage digger ensemble, et produire dans leur coin que Quinn et Dj Richard décident de réunir le groupe d’amis et de monter le label. Dès le début les 2 cofondateurs axent l’image du label sur le brut, et la simplicité. Pour la devise du label, Quinn s’inspire de Cleveland, la ville ouvrière où il a grandi « Working man’s techno », pour lui ils s’apparentent à des ouvriers manipulant et travaillant sur des machines (le labeur en moins).

Depuis sa première sortie en 2012, et jusqu’à aujourd’hui le label ne présente que des productions des artistes liés à sa fondation. Issus pour la plupart de Providence, ville où la scène experimental/noise est très présente, et en étroite liaison avec leur école .

[…] mais c’est Morgan Louis qui les introduit finalement dans la scène club.

C’est de là où a émergé certains labels phare noise/experimental comme Loar Records dans les années 90. Ils avaient tous déjà un pied dans la production bien avant la création du label, mais c’est Morgan Louis qui les introduit finalement dans la scène club.

performance noise à Providence de Lightning Bolt (Loar Records)

Il dit lui même qu’il essaie de créer un espace où coexistent deep house et noise dans ses morceaux.

On sent beaucoup l’influence de Providence dans les sorties du label, notamment chez Dj Richard. Il dit lui même qu’il essaie de créer un espace où coexistent deep house et noise dans ses morceaux. Quant aux productions de Galcher Lustwerk, très reconnaissables par sa voix qu’il pose sur la plupart de ses morceaux (rappelant le spoken word), ainsi que ses nappes mélancoliques qui marquent aussi fortement l’identité du label.

C’est Young Male qui signe le début de l’aventure, après la presse de 300 copies de l’EP « All R » , il choisit des shops de New York susceptibles d’acheter quelques copies pour leurs bacs. Sans grand espoir, il se rend chez A1- record le magasin de Ron Morelli, et chez Halcyon, où il se fait acheter moins de 5 pièces.

Mais ce qui va les catapulter, c’est le voyage de Taylor à Berlin, […]

Mais ce qui va les catapulter, c’est le voyage de Taylor à Berlin, avec quelques copies en bagage, il passe chez Hard Wax, et en dépose une. Le lendemain il reçoit un appel pour lui dire de revenir avec le reste des vinyles. En quelques jours tout est vendu, et l’EP se retrouve en tête des ventes du magasin. Dj Richard signe le seconde sortie, et grâce à la notoriété du premier, trouve des distributeurs rapidement. Cette seconde sortie va se vendre aussi vite que la première.

Pressée à 300 copies sans possibilité d’achat en digital, la demande est forte. L’envolée des prix sur Discogs ne se fait pas attendre (repressée depuis).

Bien souvent le nombre limité de copie est dû à des questions économiques compte tenu du prix du pressage vinyle. Le débat est de savoir si le format digital ET physique seraient plus juste. Certains parlent de hype du « only vinyle« , d’autres d’engagement du fan et de détermination de l’artiste. Néanmoins la sortie seule du format vinyle génère un mécanisme d’offres/demandes, alimentant le buzz. Allié à une musique de qualité, et à une identité marquée, beaucoup de labels aujourd’hui comme White Material tirent rapidement leur épingle du jeu et se propulsent en haut de liste des ventes en l’espace de quelques mois.

 

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