LABEL O’ SCOPE #2 – SEX TAGS MANIA

LABEL O’ SCOPE #2 – SEX TAGS MANIA

LABEL O’SCOPE: Une fois par mois, Beat à l’air vous emmène à la découverte d’un label coup de coeur: focus et playlist à la clef !

Sex Tags Mania fait partie de ces labels des plus inconventionnels où il est difficile d’en définir les contours. Plus on explore le label plus on se sent perdu: il existe plusieurs ramifications avec de nombreux sous labels où on y trouve une multitude de genres musicaux comme de l’afrobeat, du métal norvégien en passant par du boogie et bien évidemment de la house et de la techno. On y retrouve également des artistes aux noms loufoques avec seulement une production à leur actif ainsi que des « Unknown artist ».

Fondé par Stefan Mittener et son frère Peter Anayo Mittener alias Dj Sotofett et Dj Fett Burger, ils ont tous les deux grandi dans la ville de Moss, en périphérie d’Oslo qui a été proclamé « ville sans perspective d’avenir ». C’est dans ce contexte que Sex Tags Mania va créer son identité.

Le « Sex Tags » correspond aux deux frères réunis et correspond également à d’autres projets hors production musicale: expo, posters, installations… Aux premiers abords, on pourrait penser que la fratrie adopte une attitude de branleurs-je-m’en-foutistes, sans logique constructive. Mais on est bien loin de ça, avec un label engagé et de nombreuses ramifications souterraines.

« L’aventure commence en 2004, les premières productions sont signées par des artistes qui leur sont proches. »

Les lignes directrices du label sont floues de prime abord, avec de nombreux sous labels, mais en s’approchant de plus près, elles finissent par révéler une certaine cohésion. L’aventure commence en 2004, les premières productions sont signées par des artistes qui leur sont proches. En 2005, ils créèrent une sous branche du label: Sex Tags Amfibia, et quelques années après: Wania en 2010 et Sex Tags UFO en 2012, dédiée elle à une disco house psyché avec encore même un sous label: Mongo Fett,  chaque frère ayant respectivement la direction d’une des branches.

Au début, leur délire était de taguer entre amis, lire des fanzine de graff et écouter du hip-hop sur des mixtapes ou à la radio. C’est à la radio en écoutant une émission de Dj Strange Fruit, figure reconnue qui a introduit la musique underground sur les ondes fm du pays, qu’ils entendirent un morceau de breakbeat et eurent leur première révélation. Décidés à vouloir réécouter un autre morceau du genre, ils écoutèrent chaque jour l’émission dans l’espoir de pouvoir réécouter du breakbeat. Mais à la place ils entendirent beaucoup de house, un genre tout aussi nouveau pour eux. C’est donc ainsi, de manière progressive, qu’ils se sont mis à l’écoute de la house.

Grandir dans une ville de 25 000 habitants à l’atmosphère morose a contribué à animer leur volonté de créer quelque chose dans une ville ou il ne se passait rien. Et pour des jeunes qui écoutaient la radio en permanence et qui collectionnaient des vinyles la première idée qui vint, fut de créer un label. C’est dans un magazine de graff qu’ils trouvèrent une pub proposant des services pour faire presser des vinyles qui motiva le départ.

« En effet ils n’ont pas été influencés par les sonorités club de la production, pour eux la house devait sonnait comme à la radio. »

Ils ont finalement fait leur éducation house music loin de la scène club, principalement à cause de leur âge qui leur empêchait l’accès aux clubs, mais aussi de par leur situation géographique. Les clubs qui passaient ce genre de musique se trouvaient à Oslo à l’époque. Tous ces facteurs ont été déterminants dans l’identité du label. En effet ils n’ont pas été influencés par les sonorités club de la production, pour eux la house devait sonnait comme à la radio.

Autodidactes purs et durs, ils apprennent à se servir de synthés et unités de compression en bidouillant dessus. C’est du fait de leur utilisation non conventionnelle de ces appareils qu’ils obtiennent un son qui leur est propre. À l’image du post punk où le Do It Yourself était roi, favorisant ainsi des productions brutes, spontanées, avec des erreurs créatives.

« C’est du fait de leur utilisation non conventionnelle de ces appareils qu’ils obtiennent un son qui leur est propre. »

Grandir dans une petite ville loin de tout peut être bénéfique. De ce fait, on retrouve du début à la fin de leur processus de création une démarche DIY avec une esthétique « lo-fi ». Il n’y a pas de constante dans leur mastering vinyle, les niveaux sonores changent d’un vinyle pressé à un autre. Les presses peuvent se faire aux États-Unis comme en Europe, tout dépendra d’où ils se trouvent. L’exemple de la référence 16 de leur catalogue montre bien leur démarche. Ils ont fait appel à Rick Essig un chevronné de la house à New York, puis ont pressé les copies sur place.

Inspirés de leur passion pour le graff, ils créèrent eux même leur pochette vinyle, ainsi que leurs affiches de gigs (cf images article). Aujourd’hui basés à Berlin, où ils sont en étroite collaboration avec des artistes et labels dans leur même veine comme SUED Records. Ils agissent toujours dans l’ombre, ils trouvent des distributeurs respectant leur démarche aux coups de coeur, et distribuent parfois pratiquement à l’unité leurs vinyles dans certains shops qu’ils apprécient, préférant ainsi le rapport humain.

« Ils refusent l’idée qu’une chose puisse exister seulement sur internet et pas dans la vraie vie. »

Ils revendiquent le « only vinyl » pour des raisons évidentes en rapport avec la démarche du label. Pour eux l’achat du vinyle est une reconnaissance du travail de l’artiste, et elle ne se fait pas en accumulant des fichiers sur un ordinateur. Ils refusent l’idée qu’une chose puisse exister seulement sur internet et pas dans la vraie vie.

Sex Tags Mania se place comme un label dédié aux collectionneurs et aux nerds musicaux, toujours en retrait, mais avec une grande aura. Ils définissent l’essence de l’underground, en s’affranchissant de la norme pour répondre à leur idéal.

 

 

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