MIS EN SCÈNE 001 – PEACOCK SOCIETY

MIS EN SCÈNE 001 – PEACOCK SOCIETY

Une fois tous les deux mois, Beat à l’air vous emmène à la découverte des meilleures scénographies immersives mêlant art sonore et visuel.

peacock_society beat a l'air

Si l’on parle quasiment toujours des lines-up de Peacock Society, on s’attarde plus rarement sur les acteurs des différentes scénographies numériques innovantes qui font de ce festival une expérience multi sensorielle, qualifié à juste titre de «festival des cultures électroniques (…) de la musique aux arts visuels». Ces scénographies révolutionnent notre façon de vivre, de penser et de ressentir la musique en mettant le spectateur au centre du processus créatif.

Depuis sa création, l’agence WE LOVE ART – à l’origine du festival – œuvre pour la culture de demain dans les domaines de la musique, de la scénographie, des arts numériques et de la technologie en proposant des événements novateurs où les nouvelles technologies sont mises au service de la création et du public. Et ce n’est pas un hasard si l’agence a proposé deux années des créations dans le parcours officiel de la nuit blanche – en 2010 en collaboration avec 1024 Architecture ; et cette année sur le Pont des Invalides, pour une performance bluffante oscillant entre expérience artistique visuelle, sonore et immersive, autour de OX créée par Romain Tardy à l’initiative de The Absolut Company Creation : cette création a été doublée par un dispositif lumineux du studio Franz&Fritz qui s’accordait aux sons joués par Margaret Dygas. Grandiose.

[…] La position du spectateur a changé : il est au cœur de la création qui est pensée et créée en fonction de lui […]

nuit blanche 2016 we love art minuit une

Le design scénographique «multimédia» est donc de plus en plus indissociable de l’univers des musiques électroniques et surtout du public – un constat facilement réalisable en jetant un œil aux nombreux festivals de cultures numériques qui allient arts, sciences et musique tels que les Bains Numériques, le Mirage Festival, Scopitone ou Mutek – pour ne citer qu’eux.

« Réconcilier art, science et technologie, de manière à ce que l’Homme puisse commencer à comprendre, par l’intermédiaire de l’art, l’étrange monde dans lequel on l’a soudainement précipité ».

Outre les enjeux esthétiques relevés par ces scénographies, l’implication des publics dans ce type de scénographie permet une sensibilisation à l’art et aux technologies. La participation à ce processus de création permet ainsi de prendre conscience que l’essor des nouvelles technologies redéfinit notre rapport au monde : la complémentarité des compétences et les échanges qui en découlent deviennent les bases d’une société composée d’individus actifs. Pour reprendre les termes de Frank J. Malina pionnier de l’art cinétique « Réconcilier art, science et technologie, de manière à ce que l’Homme puisse commencer à comprendre, par l’intermédiaire de l’art, l’étrange monde dans lequel on l’a soudainement précipité ».

Ce qui change surtout dans ces nouvelles formes de scénographie – employées par Peacock Society – c’est aussi la disparition de l’artiste en tant qu’individu : il entre dans un processus de création collectif, s’inscrivant dans un dispositif dans lequel gravite d’autres personnes. Pour élaborer les scénographies, artistes, ingénieurs et techniciens vont travailler ensemble pour concevoir et produire l’œuvre ; ce que faisait déjà dans les années 70, le collectif d’artistes et d’ingénieurs EAT – Experiment in Arts and Technology qui tentait d’intégrer les technologies dans le domaine de l’art.

[…] La disparition de l’artiste en tant qu’individu : il entre dans un processus de création collectif […]

De la même façon, face à ces scénographies la position du spectateur a changé : il est au cœur de la création qui est pensée et créée en fonction de lui. En effet, les scénographies de Peacock sont mises au service de l’expérience liée à la musique pour immerger le spectateur : ces performances doivent permettre aux spectateurs de vivre une expérience musicale inédite et c’est l’une des raisons pour laquelle les festivals de cultures numériques sont de plus en plus présents : le public se rend à l’événement pour vivre une expérience sensorielle forte : il désire consommer la musique d’une façon différente. On peut même d’ailleurs se demander si l’avenir des musiques électroniques ne réside pas dans ce triptyque musique-art visuel-spectateur puisqu’elles se prêtent particulièrement bien à ces nouvelles formes d’architecture visuelle et d’interactions.

Qui se cachent derrière ces réalisations époustouflantes ? Penchons-nous brièvement sur les trois agences/collectifs qui collaborent chaque année avec We Love Art : Superbien, All Access Design et Franz&Fritz.

1/ SUPERBIEN et ALL ACCESS DESIGN

Superbien est une agence parisienne spécialisée dans l’art visuel qui désire créer des expériences interactives afin de faire vivre au spectateur «un moment intense et unique». A la fois créatrice de contenus, superviseuse de direction artistique ou encore laboratoire d’innovation dans les arts visuels, l’agence créée chaque année pour la Peacock de nouvelles expériences sensorielles.

All Access Design est un collectif d’éclairagistes, d’opérateurs, de light designers, d’ingénieurs multimédia et mécanique, de designers graphiques et de motions designers. Ensemble, ils créent des concepts scénographiques innovants.

Édition 2014 → Superbien transforme la scène 1 de la Grande Halle en un orge vidéo monumental d’écrans LEDs dans lequel du contenu vidéo audioréactif est diffusé en Vjing durant les lives de Recondite, Agoria ou Acid Arab : un système de synchronisation entre la lumière et la vidéo permet ainsi de créer une harmonie parfaite. Scénographie : Superbien / Vjing : Superbien / Light Design : All Access Design

Captation & Réalisation Vidéo : Edouard Granero
Musique : Ten Walls – Walking with elephants

Édition 2015 → Conception d’une performance mêlant contenu vidéo et light design pour souligner l’architecture du Parc Floral de Vincennes. Scénographie : Superbien & All Access Design / Réalisation et Vjing : Superbien / LightDesign : All Access Design

Captation & Montage vidéo : Edouard Granero
Musique : Voiski – A Star In Your Head

Édition 2016 → Réalisation des contenus Vjing de la Warehouse : réaction en temps réel des contenus en design génératifs : les faisceaux lumineux structurent la foule et jouent sur la géométrie, la lumière déconstruit et rassemble l’espace en jouant sur la perspective et la profondeur du hangar au même rythme que la musique. Vjing : Superbien / Light Design : All Access Design

Montage : Victor Gounon
Musique : Tale of Us – North Star

2/ FRANZ&FRITZ

Franz&Fritz est une agence française de light design derrière les lumières des lives de Molécule, The Do ou encore The Hacker. Les scénographies lumineuses qu’ils mettent en place sont bluffantes : ils étaient aux commandes de l’édition hivernale 2016, de l’édition 2014 et 2013 de Peacock.

Peacock Society 2013 Franz&Fritz

peacock-society 2016 hiver - beat a l'air

Peacock Society Hiver 2016 Franz&Fritz

Nous sommes donc bien loin des balbutiements des scénographies multimédia où le VJ évoluait seul face au public : nous sommes à présent dans une ère où artistes, chercheurs, scientifiques travaillent de concert pour proposer des installations toujours plus innovantes grâce aux nouvelles technologies.

La prochaine édition du festival se tiendra les 17 – 18 Février 2017 au Parc Floral de Paris. Plus d’infos par ici.

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Chloé Magdelaine 10 posts

Électrisée par les nouveaux médias et la musique visuelle plutôt que par les primitifs flamands.

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