PODCAST 35 BY DIDIER ALLYNE

PODCAST 35 BY DIDIER ALLYNE

C’est le rendez-vous habituel de chaque fin de mois pour découvrir des artistes talentueux. Ce mois-ci, c’est Didier Allyne cofondateur de Syncrophone qui a répondu à nos questions et nous a proposé son mix enregistré au Rex le 31 Janvier 2016 !

Salut Didier, tu portes de nombreuses casquettes pourrais-tu nous décrire tes différentes activités ?

 Hello, concernant Syncrophone, on regroupe trois activités.

La première est la distribution physique que je gère avec John Sill.

Nous nous occupons de la distribution mondiale pour plus de 60 labels français et internationaux.

La seconde est le magasin de disque avec Blaise avec qui je gère les achats.

La dernière est la partie production de nos labels tels que Phonogramme, For Those Who Know et bien sûr Syncrophone… Puis pour finir je mixe la musique des autres.

 

Toutes ces activités te permettent d’avoir une vue globale et bien définie de la scène actuelle, tu penses quoi de tous ces artistes émergents ?

C’est très intéressant comme inquiétant. Il y a une grosse diversité de nouveaux artistes émergents avec des talents et une culture incroyable.

Mais 10% resteront..

Il est devenu difficile de durer dans ce métier sans briller pour en vivre.

L’image d’un artiste est devenu plus importante que l’artistique…

Wait & See

 

Tu t’occupes de la DA de Syncrophone ainsi que de ses sous-labels, chacun a une identité propre, on voit beaucoup de labels en ce moment qui sont touchent-à-tout, c’est important pour toi de bien délimiter l’identité d’un label ?

La direction artistique est propre à chacun… J’ai la chance de pouvoir signer des styles et produire un nombre d’artistes différents.

Si des labels changent de style rapidement pour être dans le bon wagon, c’est leur choix.

Il est toujours facile de critiquer ou de juger… Personnellement, je préfère être une locomotive.

 

Vous organisez une release party pour le dernier Syncrophone avec Malvito qui avait déjà signé sur For Those Who Know. Ça se passe comment avec un artiste, c’est lui qui vous propose un projet et vous le faites rentrer dans la section du label correspondant ?

Ça dépend… Nous avons bien sûr contacté des artistes ou eu la chance de les rencontrer puis de leur demander de signer sur nos labels… Mais pour Malvito par exemple, il avait envoyé deux démos pour son premier EP. Nous avons écouté et décidé de le signer sur For Those Who Know.

Nous avons monté ces divisions pour justement permettre un spectre large au niveau de nos signatures, et il est le meilleur exemple, avec John Jastszebski et bientôt Professor Inc, car ils signent sur Syncrophone au final.

 

Syncrophone c’est 10 ans d’existence, et ce avec la crise du vinyle d’il y a quelques années. C’est quoi le secret de longévité pour un magasin de vinyle ?

De ne jamais se reposer sur ses acquis.

Un magasin de disque est une entreprise, donc la gestion est primordiale.

Tes goûts personnels par exemple, il ne faut pas en tenir compte.

Nous faisons attention à nos achats mais tout en sachant reconnaitre la qualité d’un produit pour satisfaire notre clientèle, mais la sélection y fait pour beaucoup.

Le respect est notre mot d’ordre. Si un client entre, c’est qu’il doit être satisfait et repartir avec le sourire mais nous devons avoir des ratés sur ces points. Personne n’est parfait.

 

Maintenant le modèle pour qu’un shop soit reconnu, ça passe forcément par la distribution, la vente, et le label ? Ça génère pour le coup un flux humain important, c’est précieux pour toi cet aspect-là ?

Les autres magasins de disques parisiens comme provinciaux ont une belle image et sont reconnus.

Syncrophone exerce ces trois activités car nous avons travaillé dans plusieurs de ces secteurs depuis plus de 10 ans. C’est une chance, mais notre union fait notre force.

 

Toi qui a été témoin et acteur de la scène électronique de la scène rave des années 90 à aujourd’hui, tu peux prévoir ce qu’il va se passer dans les 10 prochaines années ?

Il y aura des hauts et des bas… Ce sont des cycles mais avant, c’était tout les 10 ans. Avec les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, etc., ça sera tous les 5 ans.

La musique électronique a mangé son pain noir comme le rock, après ça dépendra de nos politiques, les médias… mais je suis de nature positive.

 

On voit un recul du mp3 important depuis quelques temps, au profit du vinyle. On commence même à se perdre avec le nombre de sortie chaque jour, tu penses que ça va faire du tort à l’industrie du vinyle ?

C’est un problème !

Tout le monde veut faire du vinyle. Juste pour le coté « hype » car on parle du retour du vinyle.

Ça me désole car le support numérique est excellent et il a permis à n’importe qui d’écouter ou d’acheter de la musique.

Ce snobisme de la part de ces pseudo-producteurs « only Vinyl » est navrant. Ils parlent d’un procédé délicat, couteux, qu’ils connaissent ou respectent à peine.

Tout le monde n’a pas la chance d’acheter un vinyle. L’économie actuelle ne le permet pas. Il ne faut pas l’oublier. Ces personnes vivent dans leur monde…

Comme ces labels qui regardent la cote de leurs disques sur Discogs et qui se permettent de crier haut et fort que les vendeurs sont des voleurs. Mais à eux d’être structurés et de re-presser leurs disques pour que les acheteurs ne subissent pas cette spéculation.

 

Avec ce nombre important de sorties quotidiennes, les acheteurs ne vont pas préférer se tourner exclusivement vers les e-shop ?

Ça je pense que c’est une approche personnelle… Avoir le temps d’aller dans un magasin de disque n’est pas possible pour tout le monde.

Les deux approches sont bonnes.

 

Tu connais les ingrédients qui ont conduit à l’embrasement de la scène locale ? Tu penses que c’est une question de contexte ?

Je préfère parler de la scène française et non locale. Car Paris sans la province ne serait rien. Paris est comme un phoenix. Je trouve que la scène locale est un peu sur le déclin depuis 2 ans. Tu vois plus des internationaux surpayés par des organisateurs qui en profitent pour payer les DJs locaux au lance-pierre et leur dire que c’est bien pour leur image de jouer sur le plateau.

Enfin heureusement que des établissements bien structurés font vivre cette scène depuis plus de 20 ans ou dernièrement des festivals. Ça permet à la scène française une meilleure exposition sur le plan international. La France porte plus d’importance à la scène extérieure alors que notre scène est vraiment talentueuse… Si nous n’évoluons pas comme les Anglais sur ce point, on va encore y perdre des plumes…

 

As-tu des noms de labels récents qui te font vibrer ce moment ?

Oui il y en a… Comme Antinote, Brokntoys. Il y a des prises de risque. Un travail de fond et une vision. Mais j’en oublie beaucoup d’autres.

 

La casquette de producteur, tu y penses ?

Oui j’ai décidé de m’y remettre cette année. Mais avec mon coté Manichéen.

 

On sait que tu aimes la cuisine, Synchrophone si c’était un plat, ça serait quoi ?

Ça dépend de mon humeur, du produit : une côte de bœuf bleue.

bon appétit.

 

Photos © Julie Montel

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