PODCAST 40 BY MARIJAN FELVER

PODCAST 40 BY MARIJAN FELVER

C’est le rendez-vous habituel de chaque fin de mois pour découvrir des artistes talentueux. Ce mois-ci et à l’occasion du Sonus Festival, c’est l’hyperactif et expérimenté Marijan Felver, de Croatie, qui a répondu à nos questions et nous a proposé son mix !

 

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Salut Marijan, tout d’abord merci d’avoir répondu à nos questions ! La première assez classique, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore ? 

Salut à tous les lecteurs de Beat à l’Air, et merci d’avoir pensé à moi. Je suis un DJ originaire de Zagreb, activement investi dans la musique depuis 26 ans maintenant. Même si DJ est ma vocation première, j’ai enrichi ma carrière en travaillant en tant que chroniqueur musical à la radio et en tant que responsable de programmation de plusieurs clubs. En plus de tout ça, je suis sérieusement investit dans la promotion à travers laquelle je cherche à contacter les personnes qui m’intéressent et de diffuser leur travail au public que j’ai réussi à toucher grâce au mien.

 

Nous ne connaissons que très peu de toi. Tu restes très secret même si tu connais la scène croate depuis très longtemps. Peux-tu nous en dire plus sur ta carrière ?

Mon voyage musical a démarré en 1994 avec les soirées Cosmic Disco Nights à l’Aquarius de Zagreb. Je me suis construit en tant que DJ grâce à mon travail à la célèbre radio croate Radio 101 en tant que chroniqueur, et en tant que collaborateur externe pour le Deep FM Radio Show. En 1998 j’ai lancé un projet appelé « Stereo Studio » qui invitait plein de noms de légende de la house en Croatie. J’ai peaufiné mon son grâce et pendant les soirées Wiggle à la Fabric de Londres, qui a finalement mené à mon dernier projet « Sereotip » dans lequel j’organise et je mets en place des séries d’événements avec mon ami de longue date Dixon. Les évènements ont lieu 2 fois par an le dimanche après-midi, dans des endroits improbables, et jusqu’au bout de la nuit. On peut m’entendre jouer régulièrement au Funk Club, au centre de Zagreb et dans le club underground le plus reconnu, le Masters, quand je participe à mes programmations qui s’intitulent Fuck Your Dreams, This Is Heaven.

 

Tu as été très actif depuis les années 90 jusqu’à encore aujourd’hui, qui fut une période de grands changements. Dans quelle mesure penses-tu que ça a affecté la scène croate ?

La scène electro en Croatie a changé à beaucoup de niveaux pendant les 20 dernières années. Ça a fleuri comme ça a été critique. Le principal et du coup le plus important changement est la « taille » de la scène, qui est aujourd’hui bien plus grande, plus dynamique et bien plus développée, grâce au travail acharné des DJs locaux et à l’apparition de plusieurs festivals sur la côte croate depuis les 10 dernières années. Ces festivals enrichissent le milieu de nouvelles personnes, qu’elles soient artistes ou organisatrices, avec des gens qui apportent une nouvelle musique et énergie, encourageant alors la scène locale à avoir confiance en elle et à expérimenter toujours plus. Un autre rôle important de ces festivals repose sur le fait qu’année après année ils arrivent à changer l’image sociale de régions en quelque sorte considérées comme « fermées ». Ainsi les festivals ont certainement contribué à la création d’une nouvelle et différente image de la Croatie.

 

C’est assez difficile de trouver une biographie ou des informations à ton sujet, pas de page Facebook, pas de compte Resident Advisor… Est-ce un choix personnel ? Que penses-tu de cette « starification » générale des DJ maintenant ?

C’est ce que tu fais dans l’ombre qui te mettra sous les projecteurs.

 

Tu vas jouer au Sonus Festival ce mois-ci, à domicile. Quel est ton ressenti à propos des artistes en Croatie aujourd’hui ?

Ma curiosité musicale est vraiment vaste, de ce fait mes centres d’attention personnels ne se concentrent pas seulement sur la scène électro. Je m’intéresse aux musiciens authentiques, quel que soit leur âge, le statut ou leur affiliation à un certain style. La Croatie regorge d’artistes et musiciens fantastiques, et particulièrement en électro. La progression constante de ceux qui sont sur la scène depuis longtemps est quelque chose qui me rend particulièrement heureux. Tous les jeunes DJs sont aussi courageux et intéressants à leur manière. Et ce qu’ils ont tous en commun est qu’ils expriment de l’amour et des convictions à travers leur musique. Et ce genre d’émotion est ce qui importe le plus à mes yeux. La collaboration entre les différentes organisations underground, collectifs et personnes – qui est de plus en plus forte d’année en année – est particulièrement intéressante et très encourageante pour ma part. Nous sommes en train de passer le cap où la jonction des différences générationnelles devient maintenant un point de connexion.

 

Pourrais-tu conseiller à nos lecteurs et nous de bons artistes croates ?

Les producteurs que j’aimerai citer sont Peter Dundov, Ilija Rudman, Homeboy, Le Chocolate Noir, Zarkoff, Brighton et Dav. La liste des DJ est certainement guidée par l’extraordinaire Jogarde, M.I.L.L.E., et le seul et l’unique Omar. Les deux crews Extrakt et CFSN, aussi bien que Sirup, l’équipe composée de Arsen Pavešić, Vedran Meniga et Sergej Snooze, sont superbes. Il y a cette super fille de Split qui s’appelle Yelle, et la jeune et pleine d’avenir Lucija de Zagreb. Si nous parlons de jeunes DJs, ils sont tous très intéressants à leur manière. Cependant Borut Cvajner, Denis Beifuss, Mario Novak, FM et le vraiment fantastique E1 sortent du lot.

 

Un morceau rare que tu aimerais nous faire découvrir ?

Les albums suivants sont mes soundtrack idéales pour l’été : « Sky Girl » compilés par Julien Dechery et DJ Sundae, la musique du groupe japonais Les Rallizes Dénudé, la discographie de Gabor Szabo et les albums « Double Happiness » et « Silence & Wisdom » des Deux Filles. J’aimerai aussi mentionner le « Nerrisimo » de Blixa Bargeld et Teho Teardo, la superbe Eleano Friedberger et son disque « New View » et l’exceptionnel Luciano Cilio avec sa seule et unique sortie « Dialoghi Del Presente ». Au moment où nous parlons, je suis en train d’écouter la version acoustique de « Steve McQueen » de Prefab Sprout, un de mes albums et groupes préférés ! Je recommande à tout le monde de commencer ou de finir son été par cet album.

 

Dernière question, une exclusivité que tu aimerais partager avec nous ?

Je viens juste de signer une résidence dans le club alternatif de Zagreb, Jabuka, devenu culte et à la population bien particulière grâce à ses 35 ans de régularité musicale. Un samedi et un vendredi par mois je jouerai du punk, du post-punk, de l’alternatif et indie-rock. Et je dois avouer que je suis à la fois fier et impatient.

 

////ENG////

Hello Marijan, thank you for answering our questions! Classic first one, could you introduce yourself for our fans who don’t know you yet?

Hello to all the Beat à l’Air readers, and thank you for getting in touch. I’m a Zagreb based DJ that has been intensively involved with music throughout the past 26 years. Even though being a DJ is my primary calling I have enriched my career working as a musical editor on the radio and as a program manager for many different clubs. In addition to that, I am seriously involved in promotion through which I tend to get in touch with people whose work I’m interested in, in order to expose their work to the audience I have managed to reach through mine.

 

People actually don’t know a lot about you. You remain really discreet even though you experienced the Croatian underground scene for a long time. Can you tell us more about your background and career? 

My electronical journey started in 1994 with Cosmic Disco nights at Aquarius club in Zagreb. I have been building my DJ identity through the work at an iconic Croatian 101 Radio as a musical editor, and as an external collaborator for Deep FM radio show. In 1998 I started a project called Stereo Studio that hosted many legendary names of house music in Croatia. I fine-tuned my sound through and during the Wiggle nights at London’s Fabric, which ultimately led to my latest project called Stereotip in which I curate and host a series of events with my longtime friend Dixon. The events are set on a Sunday afternoon, twice a year, on unusual locations, and they run deep into the night. People can hear me play regularly in Zagreb’s downtown Funk club, and in the most established underground electronic club Masters as a part of my program called Fuck Your Dreams, This Is Heaven.

 

 

You’ve been very active from the 90’s till today and it has been an era of great change. Into what extent do you think it has affected the electronic scene in Croatia?

The electronic scene in Croatia has changed on many different levels in the past 20 years. There were some blossoming as well as some critical moments. The main and therefore the most important change is in the size of the scene, which is nowadays way bigger, more dynamic and much more developed, thanks to both the hard work of local DJs and the appearance of many summer festivals set on the Croatian coast throughout the past ten years. These festivals enriched the scene with new kinds of people, whether we’re talking about organizers or artists. With people that brought new music and a whole new energy encouraging the local scene to be more confident and to experiment more. Another important role of these festivals lies in the fact that through their year after year continuity they managed to change social awareness of many somewhat closed areas. Therefore, festivals certainly contribute to the creation of a new and different image of Croatia.

 

It’s pretty hard to find any bio or information about you, no artist Facebook page, no Resident Advisor account… Is it a personal stance? What do you think about this global «star-DJ » system now?

It’s what you do in the dark that puts you in the light!

 

You will play at Sonus Festival this month in your homeland. What is your feeling about today’s artists in Croatia?

My musical curiosity is truly vast; therefore, my intimate focuses are not concentrated exclusively on the electronic music scene. I’m interested in authentic musicians, regardless of their age, status or affiliation to a certain scene. Croatia has a handful of fantastic artists and musicians, particularly in the electronic music scene. The constant progress of those who are on the scene for quite a long time is something that makes me particularly happy. All of the young DJs are both courageous and interesting in their own way. What all them have in common is that they speak out of love and beliefs through their music. And that kind of emotion is what I value most. The cooperation between different underground organizations, crews and individuals that gets stronger year after year is particularly interesting and very encouraging for me personally. We’re passing through a phase in which the junction of generational differences becomes a point of connection.

 

Could you advise our curious readers and us about another nice Croatian artist?

The producers I’d like to mention are Peter Dundov, Ilija Rudman, Homeboy, Le Chocolate Noir, Zarkoff, Brighton and Dav. The DJ list is certainly led by the extraordinary Jogarde, M.I.L.L.E., and one of a kind Omar. Both the « Extrakt » and « CFSN » crews, as well as the « Sirup » team consisting of Arsen Pavešić, Vedran Meniga and Sergej Snooze are superb. There’s a great girl from Split called Yelle, and the young and perspective Lucija form Zagreb.

If we’re talking about young DJs, all of them are very interesting in their own way. However, Borut Cvajner, Denis Beifuss, Mario Novak, FM, and the really fantastic E1 certainly stand out.

 

A rare track you’d like us to discover? 

The following albums are my ideal summer soundtrack: « Sky Girl », compiled by Julien Dechery and DJ Sundae, the music of the Japanese group Les Rallizes Dénudés, the Gabor Szabo discography and the « Double Hapiness » and « Silence & Wisdom » albums by Deux Filles. Moreover, I’d like to mention Blixa Bargeld & Teho Teardo’s « Nerrisimo », the lovely Eleanor Friedberger with her « New View » record and the outstanding Luciano Cilio with his only record « Dialoghi Del Presente ». As we speak I’m listening to the acoustic version of “Steve McQueen” by Prefab Sprout, one of my favorite bands and albums ever. I’d recommend everyone to start or finish their summer day with this album.

 

Last question, an exclusivity about you that you’d like to share with us?  

I’ve just arranged a monthly residency in Zagreb’s alternative club Jabuka, which has a cult status and a highly profiled audience due to its thirty-five-year musical consistency. One Saturday and one Friday each month, I’ll play punk, post-punk, new wave, alternative and indie rock. And I have to say I’m both proud and excited about that.

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