PODCAST 46 BY ABI (RA+RE RECORDS)

PODCAST 46 BY ABI (RA+RE RECORDS)

C’est le rendez-vous habituel de chaque fin de mois pour découvrir des artistes talentueux. Ce mois-ci c’est ABI cofondatrice de RA+RE Records qui répond à nos questions et nous réalise le podcast.

Hello, Claire, peux-tu te présenter en deux mots ? Présenter RA+RE ?

Hello Beat À L’Air! Tout d’abord, merci pour l’invitation!

Pour commencer j’ai 31 ans, j’ai grandi à Paris, mais j’ai un grand attachement avec New York, car c’est là que ma carrière a commencé et c’est de là d’où viennent les fondations de RA+RE.

J’ai commencé à mixer en tant qu’ABI lorsque je manageais le “feu” collectif Bass Y Bouzouk qui est devenu aujourd’hui l’excellent label Automatic Writing.

J’ai créé RA+RE il y a plus de 3 ans maintenant avec mes 2 acolytes, Clara et Jessie. On s’est rencontré à New York. On fréquentait les mêmes soirées techno dans les hangars perdus du fin fond de Brooklyn. On s’est rendu compte qu’on voulait monter quelque chose qui nous ressemblait, qui mêle la musique électronique qu’on affectionne tant et la mode qui nous a toujours fasciné. C’est de là que RA+RE est né.

 

RA+RE est un label, accès minimal/micro, est-ce qu’on peut imaginer une ouverture vers d’autres styles musicaux, tout en restant sur le concept du label féminin ?

Les EPs qu’on sort sur RA+RE Records sont en effet plus accès minimal/micro. Évidemment, on restera toujours dans la musique électronique parce que c’est ce qu’on aime, mais on est tout à fait ouverte à aller vers des sous-genres qui nous plaisent également. La musique électronique est tellement dense, il y a tellement de choses intéressantes et de nouveaux talents qu’on découvre chaque jour que ce serait dommage de se cantonner à un style trop précis. La lignée artistique reste la même, mais on peut aller vers des sons plus housy ou même plus techno tout en passant par l’ambient. L’idée est toujours de garder un peu de subtilité et de la féminité qui sont vraiment propres à notre label.

 

On vous a vu dans beaucoup de médias différents au lancement du label et l’année qui a suivi. Comment as-tu perçu le fait que les médias, surtout grand public, s’intéressent à vous plus pour votre concept que pour votre musique ?

C’est très intéressant et gratifiant de voir que notre concept, et surtout que notre musique et nos lignes de prêt-à-porter plaisent de plus en plus. C’est vrai que d’être médiatisée et mise à avant peut faire un peu peur, car il faut pouvoir montrer qu’on assure derrière et surtout ne pas passer dans le commercial. On n’a pas spécialement cherché à développer un concept marketing, on a voulu faire quelque chose qui nous plaisait et surtout quelque chose de différent. Grâce aux évènements et aux releases, on a pu prouver que RA+RE n’est pas une machine commerciale, mais qu’on est vraiment là pour l’amour de la musique et qu’on cherche à le partager avec le public tout en gardant notre propre style et en mettant en avant nos influences.

 

Ou voyez-vous RA+RE d’ici 2 ans ?

D’ici 2 ans, espérons que RA+RE soit la même chose, mais en plus gros (ahah)! Continuer à découvrir de nouvelles artistes aux 4 coins du monde, représenter la scène de DJs féminines françaises qui est pour le moment encore toute petite, développer de plus en plus de collections, organiser des fêtes encore plus folles où les gens s’amusent et sont libres, et peut-être créer notre propre festival, qui sait?!

 

Nous avons lu dans une interview il y a un an et demi que vous trouviez que la nuit parisienne s’éparpillait trop, qu’on voyait surtout un aspect financier et qu’on voulait faire de Paris le nouveau Berlin. Aujourd’hui trouves-tu que la nuit a évolué dans le bon sens ?

La scène électronique a réellement explosé en France ces dernières années et notamment à Paris, car c’est vraiment devenu aujourd’hui le mouvement de notre génération et des générations futures. Comme dans tous les milieux, certains y voient un aspect financier, cela manque d’authenticité et cela donne un aspect un peu bling bling au monde de la techno, ce qui est dommage. Après, la scène a clairement évolué dans le bon sens. On a toujours les pionniers comme Concrete, Katapult, Mercredi Productions, qui organisent des évènements de grande envergure tout en gardant l’atmosphère et le leitmotiv des débuts et on a aussi des petits collectifs tels que Ghost Club, Distrikt, Rakya, Possession, qui essaient d’apporter quelque chose de différent et d’unique … La France est aujourd’hui une grande nation de la techno au même titre que Berlin, Londres ou Detroit.

 

Est ce que c’est en partie pour lutter contre ça que vous avez lancé Breakfast Club en collaboration avec Playground Paris ? Peux-tu nous parler du projet ?

Tout à fait, on avait envie de s’amuser différemment. D’apporter quelque chose de festif et centré exclusivement sur l’amour du son. Pouvoir faire la fête comme à Berlin tout en étant en plein centre de Paris, être entouré de gens cools, sympathiques. Apporter des line-up de qualité avec un soundsystem millimétré. On a cherché à sublimer la fête à Paris. Tout s’est fait un peu naturellement. À la base, on a voulu simplement organiser un petit évènement avec nos amis de Playground, un petit after sans prétention où les DJs ne sont pas annoncés. La première édition a été un vrai succès, on a été les premiers surpris, on a réussi à avoir une vibe incomparable et le public a été extrêmement réceptif.

Vu l’engouement après la première édition et le nombre de personnes nous ayant réclamé une prochaine, on a donc décidé d’en faire une récurrence tous les deux mois et à chaque édition, ce qui nous étonne plus, c’est que la mayonnaise prend de plus en plus. Ce n’est pas parce que c’est notre évènement loin de là, mais en toute objectivité, je ne me suis jamais autant amusée à Paris et c’est la plus belle des récompenses. Aujourd’hui, notre public nous fait confiance, on n’a jamais annoncé un seul des DJs, mais chaque dimanche matin de Breakfast Club, les gens font la queue devant le Café Barge et nos fidèles fêtards répondent présents à chaque fois. Voir des gens sourire, danser nonstop pendant 12 heures, crier, se déguiser, c’est tellement satisfaisant. On voulait que les gens s’amusent et c’est le cas! Que demande le peuple!

 

Pourquoi partir sur ce format after ?

Ça s’est vraiment fait par pur hasard! On voulait organiser une fête à l’intérieur du Café Barge, mais sachant que la Barge est un restaurant, on ne pouvait pas commencer avant 1h30 tant que les clients étaient toujours en train de diner – les clients d’un resto chic avec de la techno, il y aurait eu un certain choc des cultures ! – par conséquent, on s’est dit pourquoi ne pas faire un after et faire la fête tout le dimanche sachant que le dimanche, le restaurant est fermé. Au final c’est tellement agréable de faire la fête la journée, en plus on a eu de la chance, le soleil a toujours été présent même pendant les pires mois d’hiver, ça donne vraiment une atmosphère différente, lumineuse. Il y a de la joie dans le Breakfast Club, c’est en ça que c’est un after unique en son genre.

 

Tu peux nous parler un peu des futures sorties du label ? De tes sorties perso ? (instant promotion)

Pour les prochaines sorties, il y a le nouvel EP, RARE005, de Victoria Engel, notre découverte argentine. L’EP s’appelle Cortes Amarillos et il y a un remix de la Néerlandaise Andrea Cichecki. On est super fières de cette sortie, si vous ne l’avez pas encore découvert c’est le moment, il vient tout juste d’être en vente sur toutes les plateformes! Un EP dub-techno mêlant toute en finesse une atmosphère groovy et aérienne en même temps.

Le prochain EP, RARE006, sera un Various Artist, on est encore en train de bosser dessus, mais cette fois-ci on aimerait vraiment mettre en avant des Françaises, on veut faire découvrir les talents de notre beau pays, il est plein de ressources!

En ce qui me concerne pour le moment rien de prévu, je ne me suis pas encore vraiment mise à la production pour être honnête, ce que j’aime pour le moment c’est mixer et partager un moment avec le public alors je passe mon temps à farfouiller dans les records stores pour dénicher de nouvelles pépites !

 

Les 3 sons qui t’ont marqué depuis le début de l’année ?

Binh – Ten Ten

 

Ewan Jansen – Sunset

 

Sercan – Yellow Boy On Drums (Tolga Top Remix)

 

Ton grand rêve caché pour l’année à venir ?

Qu’avec mon équipe de résidentes, Rohmi, Ethel et Melody on organise une grande tournée en Amérique du Sud!! Ca ne sera pas pour tout de suite, mais comme on dit, tout vient à point qui sait attendre!

Previous LA PLAYLIST 004 - LIMONADIER
Next PERSPECTIVES #1.2 MODE - FOCUS : T-O-O-G-O-O-D

About author

You might also like

Musique 0 Comments

SHLØMO – IN ABSENTIA : TOME 1

Prévu pour le 16 mai, on ne pouvait certainement pas passer à côté du prochain EP du résident Concrete : Shlømo. On vous parle donc aujourd’hui de In Absentia : Tome 1 signé chez

Musique 0 Comments

RUN WITH US #11 / INTERVIEW RED RACK’EM

RUN WITH US // 011 // DJ STEAW, REDRACK’EM, PULKONE (Live), MR KATE, PAUL DE CHABALITOSSE Vendredi 18 juillet La fameuse bande de potes habituée du Batofar. Après leur succès

ASTROPOLIS #22 – 1/4 JUILLET 2016

Le plus remuant des festivals à danser revient pour sa 22ème édition : trois jours de fête, de tempêtes soniques et de moments uniques dans une cité brestoise revisitée en