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PODCAST 70 BY JAQUARIUS

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C’est votre rendez-vous mensuel pour découvrir des artistes talentueux. Ce mois-ci, c’est Jaquarius qui pose ses machines pour ce live-podcast 70 acid et qui a répondu à nos questions 🎛


Salut Jaquarius, tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Tu as commencé la musique électronique de l’autre côté de la scène en tant que DJ en free-party dès l’âge de 15 ans. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette partie de ta vie ? Comment as-tu été amené à mixer si jeune pour un public si spécifique ?

Ça s’est vraiment fait tout seul; pour résumer, mon beau père (coucou Pierre-Yves) était ingé-son pour un crew : Les DTré (prononcer les déterrés), par ce biais là j’ai rencontré l’équipe, ils étaient tous à fond dans la pumping tribe, c’est à dire LSDF, FKY, Capsule Corp, etc… On avait un local pour stocker le matos et pour s’entrainer à mixer, liver, composer et se faire écouter nos disques, enregistrer des sets, c’était un vrai lieu d’émulsion. De temps en temps des DJs d’autres crews passaient pour mixer, comme les gars des 1surG, ils ont des collections de disques incroyables, de la jungle hyper pointu, du hardcore, de l’acid… Du coup je me suis vite retrouvé à jouer aux soirées organisées par les DTré, très jeune vers 13 ou 14 ans, c’était hyper motivant! Comme je n’avais que ça à foutre durant cette période je m’y suis mis à fond, j’ai acheté plein de disques et j’ai mixé toute la journée pour m’entrainer.

Pas mal de producteurs évoluent au fil des années et ne jouent plus du tout la même chose qu’à leur début, pour ma part, certes, j’évolue pas mal notamment en electro/idm mais je joue encore des LSDF en soirée, j’ai réussi à en placer un au Rocher de Palmer ce mois ci, je trouve ça tellement drôle de placer ces skeuds dans des soirées où normalement jamais personnes ne joue ça!

Quelle est ton meilleur souvenir de cette période ? Une anecdote fumante ?

Je sais pas trop quoi répondre, ça risque de faire comme quand on demande ça à un homme politique, il répond un truc et on se dit tous « wow thug Life le gars attention », c’est plus un bon souvenir globale fait de copains, de pizzas, de soirée, de caissons et de disques.

Plus tard tu as étudié pendant 4 ans l’électroacoustique au conservatoire de Paris. Qu’est ce qui t’a motivé à suivre une formation aussi poussée et pointue ? Tu faisais quoi avant le conservatoire ?

Je faisais un bac pro hygiène et environnement la journée et de la techno toute la nuit, c’était pas mal comme rythme mais un peu fatigant à la longue. Mon appartement était rempli de machines. J’habitais à Pigalle j’avais accès à tous les magasins d’occasions horribles avec que des supers trucs « à ne pas rater ». C’est mon ex de l’époque qui m’a vraiment poussé à aller rencontrer les profs du conservatoire qui était à coté de chez moi. Au moins voir en quoi consistait ce DEM en électroacoustique. J’ai alors rencontré le prof principal Denis Dufour, il m’a tout de suite captivé, j’ai tout fait pour être pris, j’ai lu tout les livres possibles et écouté toutes les œuvres du style acousmatique… Et ça a marché!

On voit beaucoup de photos de toi derrière une montagne de machines, entre synthétiseurs modulaires, et boites à rythmes et bass-machines, quel est ton rapport à chacunes d’elles ? Qu’est ce qui motive ton choix parmi toutes celles présentes sur le marché ?

Ouais c’est vrai que j’ai toujours eu pas mal de matos, les machines sont vraiment très différentes les unes de autres en fonction des développeurs. Pour chaque machine il faut jongler entre le coté fonctionnel réussi et le coté « finit à la pisse »… Chaque machine est un élément dans un morceau, l’une va faire le kick, l’autre les drums, une troisième un synthé, puis il y a les effets, etc. Il faut se poser avec chacune en tête à tête pour capter comment l’utiliser, se laisser surprendre et ensuite l’intégrer à un projet. Car toutes ne sont pas compatibles avec tous les projets. Par exemple j’ai un Waldorf Micro Q en rack, un truc obscure à éditer, que j’adore pour faire de l’électro/idm mais par contre pour faire de l’acid techno je ne l’allume même pas!!

Une autre machine, un peu plus connue, avec laquelle j’ai un rapport particulier, la TB-303, en vrai c’est une horreur total, il faut rentrer les notes, ensuite les mesures, puis les octaves/slides et accents. Pour modifier une des notes il faut tout recommencer et quand elle n’a plus de piles toutes les paternes se mélangent. Mais à coté de ça elle a de supers cotés, un son magique qui va sonner partout et tout le temps, on peut en faire dans son canapé ou dans le train, la modifier à l’infini pour apporter ses idées et pouvoir la piloter avec un séquenceur autre et ainsi lui donner une seconde vie, enfin bref c’est génial mais il faut pas perdre de vue le coté « créatif » en se faisant piéger par le coté « geek de l’électronique  » qui fait des « tests » toute la nuit.

C’est quoi ton coup de coeur du moment en terme de matos ?

Le Magma Eowave, j’ai redécouvert ce synthé il y a pas longtemps alors que j’ai bossé 4 ans pour son fabriquant, Marc, sans y faire attention alors que le Magma était posé juste là pas loin en évidence… Ce synthé sonne hyper bien, il est vraiment sauvage, je l’ai sorti en live pour la première fois à Gent en Belgique début novembre, sur un gros système (Exit23) c’est vraiment la frappe. Il faut rentrer dedans pour lui faire sortir son jus, surtout pour la partie séquence qui est dirons nous un peu « spéciale », mais encore une fois ça force à passer du temps dessus pour dompter le synthé!

Tu joues plus live ou DJset ? Pourquoi ?

C’est vraiment à la demande des organisateurs, certains ne savent même pas que je mixe aussi. Les deux prestations sont très différentes, j’adore jouer en live mais comme je prends pas mal de risques avec les machines en essayant des trucs, ça me demande beaucoup de concentration pour me souvenir de où et comment j’ai pu classer les paternes, c’est hyper chaud de se souvenir, par exemple, que sur la Korg Er-1 la paterne A-36 qui est placée en 2-8 en mode « patern set » va bien avec la paterne 3-4 3 A de la TB-303, du coup quand je joue je tire une tronche pas possible (parait-il) alors que le mix c’est plus décontracté, moins de pression du coup plus plaisant au final.

Tes productions mélangent beaucoup de styles différents, comme l’indus, le breakbeat, l’electronica, mais toujours avec une solide base acid et rétro. Est-ce que tu as toujours fait de l’acid ? Pourquoi ce style en particulier ?

Je vois ca comme faire du rock, un band sans guitare il manque un truc, le son acid donne une vrai ligne conductrice à pas mal de tracks! Oui j’ai toujours fait ça, dès le début j’ai acheté des skeuds acid. Quand je me suis mis à acheter des machines c’était en plein boum des x0xb0xs j’en ai eu 4 en tout, puis j’ai chopé le Future Retro 777, puis une Acidlab Bassline3, 2 tb303, bref c’est une total obsession chez moi et bien avant ce renouveau « acid » qu’on a aujourd’hui. Ce son rend vraiment fou.

Tu as signé au moins 12 EP et 2 albums depuis 2011 sur une multitude de labels différents dont Acid Avengers, Microclimat ou même Tripalium Records. Quels sont tes conseils pour les producteurs qui te lisent en ce moment même et qui veulent évoluer sans se retrouver noyés dans la masse ?

De ne surtout pas enterrer leur morceaux sur des netlabels, c’est une grosse erreur de débutants. Saisir la première mains tendu d’un coté c’est bien, c’est immédiat, il se passe un truc tout de suite mais en vrai rares sont les netlabels qui vont au bout des choses, mastering correct et un minimum de com autour de l’artiste et de la sortie, souvent au bout d’un an les morceaux ne sont même plus en ligne et voila c’est fini tout est perdu.

L’autre chose est de savoir ce pourquoi on fait de la musique, avoir une vrai idée qui va motiver la composition, c’est vraiment un sujet sur lequel mes profs au conservatoire m’ont rendu service, la question qui revenait tout le temps : « c’est quoi ton propos ». Pour ne citer qu’un seul exemple, Sleeparchive a un nom claire, simple qui exprime pas mal de chose et sa musique est, je trouve, en total adéquation avec son projet, chaque disque a une identité propre et avec plus de recul sur tout le label il y a une sacré histoire à capter! Il a su apporter un truc personnel, bien sûr il est loin d’être le premier à avoir fait ce style très particulier de techno minimal bleepbleep mais il l’a fait avec conviction.

Depuis la naissance de Beat à l’air en 2012, on a vu la scène électronique française et mondiale évoluer à une vitesse folle ! Comment toi l’as-tu perçue depuis tes premières raves ?

Pareil, je trouve que ça s’est vraiment démocratisé sur tous les plans, l’accès aux infos avec internet (discogsresident advisor, facebook), le matos permet de plus facilement composer et jouer en live, les logiciels sont de plus en plus simples, il y a beaucoup de tutoriels sur le net qui expliquent tout sur tout. Cela nous donne donc plein de nouveaux compositeurs, labels et organisateurs. J’ai du mal à suivre tellement il y a de sorties.

Par contre je parlerais de deux gros points négatifs, il y a la fameuse « loundness war », c’est le fait de compresser abusivement une musique pour gagner du volume, on arrive à des résultats totalement inaudibles, c’est un vrai problème.

Il y a aussi les laptops DJs, pouvoir « mixer » sur ordi ça peut être un super outil mais ne faut pas oublier d’apprendre les bases et de se faire l’oreille avant de vouloir jouer en soirée sinon c’est trop la zooooooone et on fait n’importe quoi!

Si tu étais à la programmation d’une soirée ça serait quoi ton line up ? et où ?

Alors pour le line up je dirais :

Botine, parce que son live est sublime et en premier pour qu’il puisse nous refaire sa track « ouverture fragile ».

Cthulhu, un des meilleurs DJ que je connaisse, j’ai eu la chance d’aller chez lui a Londre, une collection incroyable.

303 Nation, pour nous rappeler comment c’était un live dans les années 90.

Dee Jill des Corrosives, en mode aciiiiiid, tout simplement le meilleur, je l’ai vu une fois dans un squat, un truc de dingue il défonce totalement ses disques.

Tettsuo, sa musique est magique, je l’ai vu en live cette année à une teuf des Absolem, c’était vraiment beau.

ZMK en closing car vraiment ce mec aux platines c’est la tornade.

Ca aurait été au Batofar car c’était mon club préféré vraiment, ils nous l’on enlevé comme des lâches, trop les boules.

Et pour finir, une petite info inédite à partager avec nos lecteurs ?

Je me suis mis au kick rumble reveb, je vais sortir des EPs plus « techno », ça fait longtemps que je voulais m’y mettre! Et à partir de janvier j’aurai une résidence dans une radio Bordelaise qui va ouvrir.

Encore merci Jaquarius pour tes réponse et ton podcast ! On a hâte de te voir jouer !

Retrouvez Jaquarius aussi sur Facebook, et sur RA.

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