RENCONTRE AVEC LES ORGANISATEURS DU BALEAPOP FESTIVAL: « CRÉER UN ÉVÉNEMENT POINTU MAIS PAS ÉLITISTE CÉLÉBRANT LA CRÉATION MUSICALE ET L’ART CONTEMPORAIN »

RENCONTRE AVEC LES ORGANISATEURS DU BALEAPOP FESTIVAL: « CRÉER UN ÉVÉNEMENT POINTU MAIS PAS ÉLITISTE CÉLÉBRANT LA CRÉATION MUSICALE ET L’ART CONTEMPORAIN »

Pour les amateurs de festivals à taille humaine, rendez-vous fin d’été, du 23 au 27 août, à Saint-Jean-de-Luz pour une nouvelle édition du Baleapop Festival.
Chaque année, Moï Moï , le collectif qui organise l’événement, se charge de nous défricher tout plein d’artistes qui feront peut-être la musique indé de demain…

À l’occasion de la 8ème édition, nous avons posé quelques questions aux organisateurs: 

Pouvez-vous présenter le collectif Moï Moï qui est derrière la création du festival Baleapop ?

C’est une bande de potes, on se connaît tous depuis l’adolescence. On a grandi ensemble, fait la fête, découvert des choses/endroits/personnes incroyables. Nous sommes des musiciens, des plasticiens, des as de la production. Et il y a huit ans maintenant, on s’est décidé à créer le festival de nos rêves : un endroit dans lequel on se sent bien et qui nous ressemble à tous. Pourtant, comme toute bande de potes, Moï Moï est fait de personnages très différents, et c’est ce qui en fait sa force. Une des seuls choses qui nous définit à tous, c’est l’ennui causé par l’élitisme de certains festivals : payer cher, être trop bien habillé, pour se retrouver entre soi, voilà un truc qui ne nous amuse pas du tout.

 

Quelles sont les lignes directrices de Baleapop ? et pourquoi avoir choisi le Pays Basque comme lieu d’implantation du festival ?

L’idée première de Baleapop est justement d’aller à l’encontre de cet élitisme. Proposer un événement pas cher (la majorité des événements sont gratuits), ouvert à tous : vieux, moins vieux, enfants, branchés ou surtout pas. Proposer un contenu de qualité, inviter des artistes coup de cœur et ne jamais programmer un artiste « car ça fera venir du monde ». Beaucoup de festivals ont la même programmation, pseudo indie, et c’est typiquement le genre de truc qui nous gonfle. Baleapop se définit comme une utopie qui est devenue bien réelle et elle tient le cap portée par une équipe exclusivement bénévole.
Le Pays Basque car s’est tout simplement notre maison, où l’on a tous grandi et que cet événement n’aurait eu aucun sens ailleurs. Car à l’époque on ne trouvait pas ce type d’événement sur le territoire et car l’existence de Baleapop est la résultante de nombreuses fêtes de villages avinées que nous avons tant aimées.

 

Vous avez choisi de mêler l’art et la musique tout le long du festival. Le festivalier a le choix entre performances artistiques et plusieurs concerts pendant cinq jours, pourquoi est-ce important pour vous ?

Nous sommes convaincus que ces deux médiums sont étroitement liés. La musique contemporaine est parfois plus proche de la performance et l’art contemporain se revendique sans limite. Les deux sont des langages qui se retrouvent toujours, à un point donné. Tout le chalenge est de montrer de l’art contemporain dans un contexte autre que le white cube et de rendre les amateurs de musique sensibles à l’art contemporain. Baleapop célèbre la création dans son ensemble, car la vue, l’ouïe, les sens y sont célébrés. D’ailleurs, le goût aussi n’est pas en reste.

 

Mettez vous en avant des artistes de la scène local ?

Oui, chaque année. Pas tant par nécessité ou obligation mais davantage car, le Pays Basque regorge de talents, parfois trop bien cachés. Ce territoire à une culture, une langue propre et le fait qu’il soit à cheval sur deux autres pays, cela lui confère une histoire très particulière, ce qui se ressent dans la richesse des créations. Plus que la scène locale, c’est tout un pan de la culture basque que nous souhaitons mettre en avant.

 

Vous organisez cette année la 8ème édition de Baleapop, en quoi le festival a évolué en 8 ans ?

Tout a changé et en même temps rien. La base était là : créer un événement pointu mais pas élitiste célébrant la création musicale et l’art contemporain. Et surtout, faire ça entre potes. Pour la première édition, nous sommes parti de rien. Pas de sponsors, pas de liens particuliers avec des labels, tourneurs etc, la première année dans le parc de Guéthary est la définition même du DIY. Il y avait nos potes, nos parents et une scénographie en papier mâché. L’année d’après, ceux-ci avaient invité leurs parents et leurs potes. On commençait à être un peu plus nombreux. La troisième édition a marqué un tournant dans l’histoire du festival. Par une succession de chance et d’apéros pris au bon moment, au bon endroit, nous avions pu inviter James Holden, Rone ou encore Connan Mockasin. C’est avec du recul qu’on se rend compte à quel point c’était fou. Depuis, le festival a grandi et son itinérance a commencé car il est devenu trop grand pour un petit village. Chaque année, nous réinvestissons les recettes du festival dans l’année suivante ce qui nous a permis de nous faire de plus en plus kiffer sur les artistes que nous voulons accueillir.

 

Vous avez choisi d’organiser le festival la dernière semaine d’août alors qu’il y a encore deux ans le festival avait lieu début août ? Privilégiez-vous un public local plutôt que touristique ?

En plein dans le mille. Début août, la ville est envahie par cette espèce que nous nommons les « aoutiens ». La ville est saturée et les locaux sont en vacances. Baleapop n’a pas été imaginé pour satisfaire les touristes en goguette persuadés de vivre la Californie Française.

Lors des premières éditions, nous prenions sur nos propres vacances pour monter le festival mais, au fil des années ça devenait de moins en moins vivable, on a donc décidé de le déplacer de quelques semaines. On a tout de même gardé le côté estival, mais en privilégiant la fin de saison où les locaux rentrent de vacances et la ville est moins saturée. Depuis la première année, le festival a été imaginé pour s’inscrire dans un territoire et même une ville bien précise afin de devenir le festival des Basques, des Luziens, qui souhaitaient se confronter à des nouvelles formes d’art. Et c’est bien ici qu’il prend tout son sens ! Bien sur, il y a toujours des mécontents mais je crois que Baleapop est un événement aujourd’hui solidement ancré et reconnu dans le territoire et surtout à St Jean. Le collectif Moï Moï a su regrouper des bénévoles, des partenaires, des institutions autour du projet qui permettent depuis quelques années de prolonger les actions de Baleapop à l’année et d’en développer beaucoup d’autres.

 

Décrivez-nous les différents lieux du festival ? Est-ce des lieux importants pour vous, et qui vous ont marqué dans votre jeunesse au Pays Basque ?

Aujourd’hui, Baleapop a lieu en grande partie au parc Duconténia de Saint-Jean-de-Luz et, le plus beau, c’est que dès les prémices du festival, nous l’avions imaginé là bas. En effet, Duconténia, est un haut temple chargé d’histoire pour toute personne âgée de 15 ans et résidant à Saint-Jean …

La place Louis XIV, pour la soirée d’ouverture est le cœur historique de la ville, l’an dernier nous y avions fait jouer Chassol et cette année, Mohamed Lamouri. On y touche un public très large, beaucoup de monde passe là par hasard, ce qui rend l’expérience encore plus conviviale.

A la suite de la place et, nouveauté cette année, nous investissons le parc Donibane pour le concert d’Odei. C’est un parc tout petit, au pied du phare. Un endroit super intime qui est lui aussi un haut temple chargé d’histoire pour toute personne âgée de 15 ans et résidant à Saint-Jean…
Pour les plages, on dansera toujours sur la plage de Zenitz mais directement les pieds dans le sable et non dans le bassin d’algues !
Enfin, la pré-ouverture le mercredi, se fera entre le cinéma et la place du bar le Battela, deux lieux de notre quotidien et dans lesquelles on se sent bien.

 

Quels artistes il ne faudra surtout pas louper cette année ?

Alors, Danieleeeeee Baldelli, ce mec devrait être affiché en poster dans toute vraie pizzeria qui se respecte (ahah). C’est une légende, une encyclopédie de l’italo disco à lui tout seul et en plus il sera sur une plage. Niveau légende, il y a aussi A Certain Ratio, le groupe qu’on n’a pas besoin de présenter. Aussi, nous avons vraiment hâte du live de Puzupuzu, de Kate NV, ou de Mdou Moctar. Le nouveau live de Zombie Zombie aussi devrait faire plaisir à beaucoup de monde. Enfin, le syrien Rizan Sa’id qui joue le dimanche pour le dessert de notre Grande Bouffe accompagné par les Sheitan Brothers & Alma Negra, devrait clôturer magnifiquement le festival.

 

Trois mots basques à absolument connaître pour passer un bon festival ?

Egun on, Milesker et Muxu (bonjour, merci, bisou)

 

Un mot à ajouter ?

Baleapop c’est cool.

INFOS PRATIQUES 
Site officiel : www.baleapop.com
Facebook : www.facebook.com/baleapopfestibala
Instagram : www.instagram.com/baleapop
Twitter : www.twitter.com/baleapop
Site du collectif Moï Moï : www.collectifmoimoi.com

POUR DÉCOUVRIR LA PROGRAMMATION <-
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