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[REPORT] BIENNALE NEMO : LE GRAND SOIR DE LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE

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Le mois dernier la Biennale NEMO – Biennale internationale des arts numériques qui court d’octobre 2017 à mars 2018 – s’implantait à la Cité de la musique pour une soirée dédiée à la création numérique dans la musique contemporaine. Les représentations étaient précédées d’une rencontre/débat à l’IRCAM (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) autour de l’ouvrage de Harry Lehmann La Révolution digitale dans la musique. Retour sur cette soirée qui a su explorer de façon cohérente les différentes facettes de la création numérique.

_nybble, Alex Augier © Quentin Chevrier

Difficile d’ignorer l’omniprésence numérique dans nos usages quotidiens à l’heure du tous connectés. On pourrait penser que la création artistique échappe à cette révolution numérique, et pourtant celle-ci s’est emparée de la création artistique, ou plutôt l’art s’est approprié les technologies numériques afin de façonner de nouvelles expressions artistiques pour évoluer en rapport avec le monde dans lequel il vit.

17H. La révolution digitale de la musique contemporaine a t-elle eu lieu ?

C’est en tout cas le débat auquel nous avons assisté dans la salle Stravinsky de l‘IRCAM avec Nicolas Donin (musicologue IRCAM), Daniele Ghisi (compositeur), Martin Kaltenecker (musicologue), Jean-Luc Plouvier (pianiste), Gwen Rouger (pianiste) et Makis Solomos (musicologue). Si tous étaient d’accord pour admettre que la disruption numérique a contribué à transformer en profondeur la production et la diffusion musicale, la plupart d’entre eux pointaient un optimisme face à cette digitalisation massive des usages : « L’intelligence artificielle risque d’effacer les compositeurs. Mais les bons compositeurs, les bons musiciens résisteront et vont se réinventer » Daniele Ghisi.
Nous voilà rassurées.

19H. Direction la Cité de la musique pour assister à la suite de la programmation de ce Grand Soir numérique.

Chapeau bas à la Biennale NEMO pour avoir décidé de s’implanter dans la salle des concerts pour présenter cette soirée, puisque nous avons noté une grande diversité d’âges parmi les spectateurs, une diversité généralement difficilement atteinte dans les festivals de création numérique. Un sans faute donc pour cette soirée consacrée à l’hybridation qui positionne le spectateur au centre de son questionnement en instaurant de nouveaux rapports entre l’art, la culture et la technologie à l’âge des industries numériques.

20H30. La soirée débute par la performance d’Alex Augier.

Nous l’avions déjà remarqué aux Bains Numériques en 2016 lorsque ce dernier était nominé pour son oeuvre oqpo-ooo. Ici l’artiste protéiforme à l’esthétique numérique hybride présente sa création _nybble, façonnée en 2016 dans le cadre d’une résidence à la Muse en circuit. _nybble associe des éléments aussi bien sonores et visuels dans une perspective musicale transversale à vivre comme une « expérience synesthésique en fore de continuum numérique vertigineux » pour reprendre les termes d’Alex Augier. Concrètement l’artiste est entouré de quatre écrans sur lesquels des mouvement de particules s’animent de façon organique – volonté manifeste de recréer à l’aide d’algorithme « l’organicité apparente de la nature » (Jérémie Szpirglas)

21h. Après une première claque audiovisuelle, changement de set-up pour accueillir le quatuor Serious Smile.

Le quatuor Serious Smile est mené par l’allemand Alexander Schubert (chef d’orchestre) et composé d’un pianiste, d’un percussionniste et d’un violoncelliste. Un quatuor augmenté puisque les 4 musiciens sont équipés de capteurs de suivi de mouvements leur permettant de créer des sons électroniques se superposant aux « sons naturels » de leurs instruments. Une performance se rapprochant d’une représentation théâtrale, où l’imprévu a toute sa place puisqu’un problème de connectique des fameux capteurs retarde le début du tableau.

21h35. Daniele Ghisi présente Any Road avec l’ensemble intercontemporain.

Création pour ensemble augmentée de visuels inspirés par le game design et le célèbre jeu rétro « Pong » créé par le vidéaste Boris Labbé – une belle façon d’intégrer les caractéristiques du jeu vidéo à l’écriture musicale.

22h. Le pianiste virtuose Dimitri Vassilakis interprète Concerto, l’œuvre de Rune Glerup.

Nous passerons assez vite sur cette œuvre, incroyablement technique mais s’éloignant de la création numérique à proprement parlé.

22h45. Après une seconde entracte, au tour du duo composé de l’artiste visuel Tarik Barri et du britannique Paul Jebanasam à la tête du label Subtext, d’occuper la scène par le biais d’un live A/V.

Point d’orgue de cette soirée, Continuum – live A/V crée pour le festival Berlin Atonal – nous immerge dans une fusion entre visuels hypnotiques aux textures rougeoyantes abstraites et bourdonnements électroniques distordus oscillant entre drone et noise. Une clôture grandiose.

Tarik Barri et Paul Jebanasam

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Chloé Magdelaine

Électrisée par les nouveaux médias et la musique visuelle plutôt que par les primitifs flamands.

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