[REPORT] NUITS SONORES 2016

La semaine dernière Beat à l’Air s’est exilé en terre lyonnaise afin de profiter des quatorzièmes Nuits Sonores.
Retour sur trois jours mémorables de chill au bord du Rhône, de soleil estival, de junk food et surtout de doux décibels.
Bienvenue à Lyon, pélo.

Jeudi 5 mai 2016
9h, l’excitation est montée crescendo depuis plusieurs jours déjà, on a hâte de prendre le bus (on ne juge pas, c’est la crise pour tout le monde, hein ! ), on a hâte de découvrir Lyon et ses gônes autochtones et on a hâte d’offrir de jolis décibels à nos petits tympans parisiens. Après 6h de bus et une addition de 12€ pour une bouteille d’eau et un sandwich sur l’autoroute (de quoi sortir du bus en boitant), on arrive Gare Lyon-Part-Dieu. Ça y est, on foule enfin le sol lyonnais avec un soleil de plomb au-dessus de nos têtes, un petit pas pour un pélo mais un pas-de-géant pour un parigot.

Clairement, c’est l’été à Lyon, les bords du Rhône sont étincelants et rarement j’ai eu ce sentiment que toute une ville respire au rythme de son festival, il y a des affiches partout, des tickets de bus spéciaux pour les Nuits Sonores, des hordes de jeunes déambulant dans la ville. Certains sont moins frais, et ont certainement déjà dû inaugurer le festival devant Dixon et Rodhâd la nuit précédente avec l’Open du mercredi, d’autres sortent ou se dirigent vers le NS Day où aujourd’hui se produisent Motor City Drum Ensemble ou encore Tony Allen.
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On parcourt la ville avec une bière à la main, on essaye déjà de se familiariser avec les rues et les grands axes lyonnais. Arrivés Rue Gutenberg, de forts décibels nous attirent. La rue fermée à la circulation est pleine de pélos tournés vers un système son.
On décide de se joindre à eux et de s’échauffer un peu les petons pour cet Extra! – Salade de bruits.

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La nuit est désormais tombée sur la ville, on marche toujours dans Lyon comme des touristes, à notre gauche la Place Bellecour (plus grande place piétonne d’Europe, information très utile pour briller en société), à notre droite l’Hôtel-Dieu de Lyon (qui était historiquement un accueil pour les défavorisés et qui est en train d’être transformé en hôtel de luxe.) Mais stop! La culture a ses limites, et puis il faut penser à s’hydrater, on décide d’aller aux Berthom, un bar à bières. Plus tard dans la soirée, on rejoint notre petite bande dans un appart’ pour un before rapide puis on décale vers le NH club. Une entrée à 3€, vite justifiée par un son de piètre qualité (et je suis gentil), on reste une petite heure puis on décide de rentrer pour être en forme, car demain une longue journée nous attend et notre vraie première nuit à Nuits Sonores : la Nuit 3.

Vendredi 7 mai
On se réveille doucement, les souvenirs de la veille sont un peu flous, mais on est vite sur pieds, car l’envie de profiter pleinement de la journée est là. On quitte vite le Airbnb pour retrouver le soleil lyonnais. On déjeune en vitesse en ville puis on se dirige vers la Place Colbert où l’on a rendez-vous avec l’événement OFF – «Thé à la menthe».

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On grimpe vers les hauteurs de Lyon dont les murs sont agrémentés ici et là par de jolies pièces de graffiti pour arriver enfin sur la place déjà pleine de fêtards attirés par les sonorités orientales s’échappant du lieu et distillées avec énergie par Disco Casbah.
On profite un peu du son puis on passe par la case épicerie afin de faire le plein de bières, et sur les conseils de nos gavas lyonnais, on décide de se poser plus haut sur l’herbe d’un parc. On chill un peu puis on décide de rentrer pour se préparer à la nuit qui nous attend.

Il est 22h, on inaugure le tram’ et on se dirige vers le quartier de Confluence où Nuits Sonores concentre ses events Days et Nights. On arrive devant l’Ancien Marché de Gros, le lieu est vaste avec trois warehouses énormes et un coin chill out tout aussi imposant qui parcourt tout le côté du Hall 2.
Les scénographies sont simples mais efficaces, ainsi le plafond du Hall 1 est tapissé de longues tiges luminaires se croisant et s’éclairant suivant une chorégraphie orchestrée à merveille.

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Tout le long du Hall 2 est parcouru par un nombre impressionnant de spots ultras puissants qui s’animent en rythme, on a parfois l’impression d’être des lapins pris dans les phares d’une voiture tant cet éclairage est puissant et titille nos rétines fragiles, mais il faut l’avouer l’effet créé est clairement impressionnant.

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On décide de se diriger vers le Hall 1 pour se chauffer doucement, là Weval est en plein set. Personnellement, je ne connaissais pas du tout le duo si ce n’est la track reprise pour la pub Schweppes (« Hey!, what did you expect? » désolé j’étais obligé de la faire…). Une électro douce qui de temps en temps monte un peu plus en techno, on apprécie et c’est parfait pour s’échauffer avant l’un des moments les plus attendus de la soirée : Moderat.
J’avais raté Moderat pour leur concert à Paris qui avait vite sonné complet à mon plus grand désarroi donc autant dire que rien n’aurait pu me faire quitter le Hall 1. Un quart d’heure avant le début du set, le warehouse est envahi par la foule autant dire que c’est blindé, Moderat est très attendu et bientôt il faut choisir avec une stratégie militaire ses déplacements pour ne pas perdre ses acolytes et pour trouver un spot convenable afin d’apprécier la prestation du trio. Moderat commence.

La voix du chanteur guide la musique à merveille. Ils jouent essentiellement des morceaux issus de leur dernier album et bien sûr les grands classiques, la prestation est clairement orchestrée comme un concert avec des breaks entre chaque track, ce qui personnellement ne m’a pas dérangé, mais qui autour de moi a parfois laissé place à quelques réserves. Une heure de show envoûtant plus tard, ils terminent sur le très attendu « Bad kingdom », le Hall 1 est chauffé à blanc, Moderat n’a pas déçu et la nuit ne fait que commencer.
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Étant donné qu’un temps de latence est nécessaire pour passer du matos de Moderat à celui de Bambounou, on se dirige vers le Hall 2 avec les tympans qui tremblent encore de ce que l’on vient de vivre.

On pénètre le hangar 2 et son mur de spots géants qui doit consommer en une nuit l’énergie de la moitié du département. Là, Ninos du Brazil sont en plein carnaval, les sonorités sud-américaines emplissent l’entrepôt, les confettis pleuvent, c’est Rio à Lyon. Les minutes passent et très vite, on retourne vers le Hall 1 où l’on a rendez-vous avec Bambounou.

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Là pendant 2h on va transpirer, Bambounou est en forme et il nous le montre, le Hall 1 est électrisé sans aucune interruption, le set est parfaitement maîtrisé de bout en bout, la foule est en osmose avec l’artiste jusqu’à la fin.
Il est 5h du matin, la foule est suintante mais heureuse, les tympans des quelques sceptiques après l’orchestration «concert» de Moderat ont été rassasiés, tous ont un grand sourire et des licornes dans les yeux.
Le rendez-vous est donné à demain pour la der des der : la Nuit 4.

Samedi 8 mai
On se lève avec encore le sourire aux lèvres, les rythmes de Bambounou et Moderat trottent encore dans nos têtes. On prend un bagel à emporter chez Ninkasi puis on se pose au bord du Rhône pour profiter de cette dernière journée sous le soleil lyonnais.
Quelques heures plus tard et une douzaine de cygnes sûrement diabétiques car nourris de nos restes de frites, on décide de décaler pour le main event du soir, on a rendez-vous avec Lil’ Louis et Maceo Plex et clairement on ne peut pas être en retard.

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Arrivé sur les lieux, on file directement dans le Hall 2 cette fois-ci, on a retenu la leçon de la veille, on a pris nos lunettes de soleil et on est prêt à affronter le mur de luminaire à armes égales.
Lil’ Louis est là, posé, il balance avec une facilité déconcertante un set de fou furieux. Lil’ Louis c’est simple, c’est la classe. Il est perché calmement avec son béret vissé sur la tête, et il vous met d’énormes claques sonores pendant 2h. On ressort avec une joie incontrôlable, encore choqués de sa prestation et on se dirige vers le Hall 1 pour Maceo Plex.

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Arrivé dans le hall 1, il me semble que c’est plus clairsemé que pour Bambounou la veille. Plus d’espace pour bouger, que demande le peuple. Maceo Plex va achever le travail de Lil’ Louis, c’est clairement le feu avec un set techno ultra puissant, tout le monde savoure les deux dernières heures de la Nuit 4 et se lâche sans retenue dans la fumée diffuse du hall 1 guidé par l’artiste. A 5h tapante malheureusement tout le monde est ramené sur terre, c’est la fin du set, on est un peu frustré car clairement on aurait encore pu savourer pendant deux bonnes heures de plus, mais à Lyon, on ne badine pas avec les horaires. C’est l’heure, tout le monde est invité à quitter les lieux, il nous reste quatre heures à tuer avant de monter dans le bus nous ramenant vers Paname, on réalise que Nuits Sonores 2016 est presque derrière nous désormais.

Dans le bus du retour, on se remémore déjà avec nostalgie ces trois jours de Nuits Sonores 2016 : cette très belle ville de Lyon et ses kebabs à tous les coins de rue, rythmée pendant une semaine par an aux BPM électros, tous les pélos lyonnais aussi accueillant que souriant avec nous, l’organisation sans faille, nette et précise de Nuits Sonores, les prestations des extraterrestres Bambounou, Lil’ Louis et Maceo Plex.…

Que dire, à part que le rendez-vous pour l’année prochaine est d’ores et déjà pris, cette année on était « So young to be such a buffoon », mais l’année prochaine c’est sûr, on ne se cantonnera pas qu’aux Nuits 3 et 4, on se prépare déjà avec impatience au marathon Days/Nights qui nous attend pour Nuits Sonores 2017.

Crédit Photos/vidéos : Thomas Bellec

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