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RUN WITH US #11

RUN WITH US // 011 // DJ STEAW, REDRACK’EM, PULKONE (Live), MR KATE, PAUL DE CHABALITOSSE

Vendredi 18 juillet

La fameuse bande de potes habituée du Batofar. Après leur succès avec leur dernier plateau en compagnie de Moomin et de la Mamie’s, ils ont décidé de renouveler l’expérience avec un line up comme ils ont l’habitude de nous concocter.

DJ Steaw et Red Rack’em seront de la partie pour faire vibrer la cale du Batofar ainsi que Pulkone de Beat x Changers extraterrestre en la matière. Nos chers Mr.Kate et Paul de Chabalitosse viendront arrondir les angles avec leur set dont eux seuls ont le secret.

Alors toi aussi ramène tes plus belles baskets et tente de gagner tes places!

Pour l’occasion on a décidé d’interviewer Red Rack’em, un vieux de la vieille aujourd’hui expatrié à Berlin. Il va nous raconter sa manière de voire les choses et nous exposer son opinion bien forgé, ça change et c’est cool!

CONCOURS : 2×2 invitations à gagner après l’interview.

INTERVIEW

RED RACK'EM INTERVIEW


ENGLISH VERSION HERE

Beat à l’air: Salut mec comment vas-tu ?

Red Rack’Em: Je vais bien merci. Je reviens du Griessmühle à Berlin où j’ai joué ce matin avec mon pote Cromie tout droit venue de LA, du coup je me sens assez fatigué, mais ce n’est que le début du weekend donc pas de place pour le repos.

B: Un petit détail de ton programme ?

R: Je fais la fermeture de l’anniversaire secret d’un ami qui a lieu à Treptow Park – quelque chose d’assez intimiste – Platines sur le sol dans un parc. Ensuite direction Berghain pour voir Kevin Reynolds ce soir et sinon DJ Sprinkles va jouer au Chalet. Un ami de longue date, Rick Donohue, va surement jouer à Berlin dimanche avec Daniel Wang et Iron Curtis donc normalement je vais être de sortie tout le weekend… Une fois de plus 😉

B: Pour ceux qui ne te connaissent pas, une présentation ? 

R: Mon nom d’artiste est Red Rack’em. Je produis de la House, Techno, Garage, Bass music, Hip-hop et toutes sortes de musique sous ce nom sur les labels Wolf Music, RAMP Recordings, NSyde, Telefoplan, City Fly et j’ai remixé des artistes comme Tricky, Jah Wobble, Jazzanova ces dernières années. J’ai aussi eu un projet live disco/punk funk appelé Hot Coins et j’ai sortis un album sous le nom de Sonar Kollektiv l’année dernière appelé « The Damage is Done »
J’ai sorti 2 albums et pas moins de 20 titres sous ces 2 noms depuis 2008, du coup j’étais plutôt occupé.

J’ai mixé pendant 20 ans notamment à l’international depuis 2004. J’ai été assez chanceux de jouer en Australie, au Japon et en Russie et partout en Europe non-stop ces dernières années.

J’ai déménagé à Berlin en 2011, donc j’y joue beaucoup, car c’est aussi l’un des meilleurs endroits au monde pour jouer, j’y ressens beaucoup de liberté, moins de pression d’autant plus si vous connaissez bien le club ainsi que la foule. Mais j’aime aussi le renouveau et le défi d’aller dans un nouvel endroit, de jouer pour des gens que je n’ai jamais rencontrés auparavant.

J’ai fait pas mal de collaborations, mais elles ne sont jamais sorties! Des trucs avec Franklin De Costa, Iron Curtis, Matthew Burton, Juju et Jordash et beaucoup d’autres, mais malheureusement c’est a moitié finit, stocké sur mon disque dur. La seule chose qui est sortie à ce jour est “Morning light” qui était ma collaboration avec Medlar. Il est sorti sur l’album de Phonica 10 years et j’étais vraiment heureux, alors merci de me rappeler que je dois sortir tous ces autres projets.

Tu peux consulter le lancement du documentaire de l’album Hot Coins ici

Et également une vision des coulisses quand j’ai organisé ma propre BOILER ROOM ici

B: Une première pour Run With Us de t’inviter, comment ça s’est fait ? Tu connaissais leur équipe ?

R: J’ai seulement entendu parler du Batofar, mais j’ai regardé la page facebook de Run with us et il m’a semblé qu’ils avaient booké des artistes vraiment cools et supporté pas mal de talents underground, donc je suis très heureux de pouvoir jouer pour eux. C’est drôle de voir que peu importe l’endroit ou je joue je suis toujours booké par le même genre de personne et que même si l’on ne se connaît pas je suis sur que nous avons beaucoup d’amis en commun et d’expérience partagée. Je n’aime pas trop me renseigner sur les gens avant de jouer. Si quelqu’un a fait l’effort de me booker, je suis assez sur qu’ils savent ce qu’il en est!

B: L’année dernière à Dimensions Festival nous avons eu la chance de rencontrer Gilles Peterson, peut tu m’en dire plus sur cette amitié ?

R: Tirk Records m’a demandé de remixer “Stand On The Word” de The Joubert Singers (Hot Coins) en 2008 et Gilles a commencé à  le marteler sur Radio 1, ce qui en regardant en arrière, était un immense accomplissement pour un artiste inconnu comme moi. C’est un peu comme remixer The Beatles ou quelque chose comme ça. Gilles a ensuite commencé à soutenir mes autres projets et notamment mon remix de MarlinspikeSlow” de Tricky (qui malheureusement n’a jamais vu la lumière du jour sur Domino, je n’ai même pas de fichier masterisé) et il m’a invité à faire un  guestmix pour son show. Il était également présent aux Worldwide Awards en 2009 où j’ai joué aux côtés d’artistes comme Marlena Shaw, Jazzanova et un gars appelé Floating Points 😉

Ce fut le début d’un long et passionnant voyage dans la musique, Gilles a toujours été là dans le fond – même s’il ne joue pas souvent mes titres à la radio – il est super sympa quand je le vois et il se souvient toujours de moi. J’ai raté mon vol de retour de Tokyo en 2010, lorsque je lançais mon premier album là-bas et je l’ai rencontré à l’aéroport. Sans le faire exprès, il m’a sauvé la peau parce que son ami Toshio Matsuura connaissait quelqu’un haut placé dans la compagnie aérienne Virgin Airline. 
Le booker n’a cessé de mentionner ‘Richard’ au téléphone et il m’a fallu plusieurs jours pour réaliser qu’il parlait de Richard Branson. C’était définitivement la bonne personne à appeler étant donné que dès le lendemain j’avais une nouvelle réservation qu’ils ne m’ont fait payer que 70 £ au lieu de 800 £ pour mon vol de retour.
Encore une fois MERCI GILLES!

Vous pouvez lire toute l’histoire sur le remix de Joubert Singers remix ici.

B: Comment vois-tu la conception d’un Djset ? C’est quelque chose que tu prépares ou ça ressemble plutôt à une session improvisée ?

R: J’improvise toujours. Ça dépend carrément du public et de mon humeur. Mais aussi du feeling que j’ai avec le public. S’ils aiment ce que tu fais et qu’ils se laissent porter par la vague alors c’est une bonne expérience. Mais s’ils se tiennent debout devant toi le regard accusateur, à attendre que tu les guides à chaque breakdown (en levant les mains), dans ces cas-là généralement je me meurtris intérieurement et j’évite de relever les yeux durant le reste du set.

Si je veux vraiment être à fond, il faut que l’intérêt vienne principalement de moi c’est pour ça que le fait d’improviser rend les choses plus excitantes pour ma part. Mais je ne suis pas une sorte de nazi conditionné- je joue sur vinyles, CDs et USB ;  c’est pour ça aussi que je préfère jouer sur de longs sets ; parce qu’après avoir mixé pendant une heure des morceaux tout frais sortis de ma clef usb, c’est là, souvent,  que je vais me rappeler que j’ai aussi cette mallette pleine de vinyles, et du coup j’enchaine sur ce nouveau support. J’aime mélanger tous les styles de musiques même sur un seul set, mais si ça fait déjà 2 heures que tu joues et que t’atteins l’apogée et que le public s’attend à ce que là ça explose, j’essaye dans ces moments-là de ne pas non plus trop faire le malin. Ces derniers jours, j’aime surtout jouer de la musique un peu plus hard. Pendant des années j’ai joué de la musique Underground, Deep et j’aime toujours ça, mais avec un bon gros soundsystem je trouve que c’est plus sympa aussi de jouer techno.

B: Comment t’es venue cette envie de produire et faire de la musique ?
 Une expérience particulière, une rencontre ?

R: J’ai toujours aimé la musique, même avant ma naissance. J’avais l’habitude de donner des coups de pieds dans le ventre de ma mère lorsque j’entendais certaines chansons. J’ai grandi avec la collection de vinyles de mon père et donc les Talking Heads, les Beatles, Big Youth, Television, Miles Davis ainsi que King Crimson faisaient carrément partie de mon enfance. J’ai découvert le hip-hop à 12 ans et on connaît la suite. La musique c’est simplement quelque chose que j’ai su faire dès ma naissance. Elle était déjà en moi. En un sens, je n’ai pas eu besoin d’apprendre à en faire. J’avais juste à en faire.

B: Tu aurais des faits à partager sur ta vision conception de la musique ? Du clubbing ?
Hormis la production et le Djing, tu as une formation musicale ?

R: Si tu veux connaitre ma vision de la musique, écoute mes sorties, mes mixes mes émissions radios. J’en dis beaucoup au travers de cette musique. J’en parle tout le temps, j’ai quelques opinions bien forgées, mais ça ne m’apporte pas grand-chose quant à la scène actuelle où il est rare de voir des gens se confronter sur leurs intérêts musicaux. Du coup je préfère parler avec ma musique.

Ma discographie

DJ Mixes

Radio show

B: Ton rapport personnel entre la production et Djing ? Une complémentarité un lien personnel ?

R: Hum, J’aime plus mixé que produire. Je trouve qu’avoir un public qui réagit face à toi, quand ça se passe bien c’est vraiment ce qu’il y a de plus excitant! J’ai l’impression que ces temps-ci, produire, me demandent beaucoup de travail. Non pas de l’écrire, mais surtout de le finaliser, d’arriver à en sortir tout le potentiel, de traiter avec les labels, ou même de surmonter ma déception lors de leur sortie face à mes attentes qui sont souvent trop démesurées. Je pense qu’on devrait juste faire de la musique pour faire de la musique, mais quand c’est ton job, on peux vite s’y perdre.

J’ai le sentiment que la scène actuelle force les artistes à juger leur travail sur leur popularité, les ventes et du nombre de programmations qui en découlera, et cela me donne l’impression que le respect de la musique est en quelque sorte perdu. Au final, les personnes qui gèrent les profils des artistes  et qui jugent leur musique ainsi que celle des autres ne sont souvent pas vraiment qualifiées dans le sens créatif pour se permettre de juger leur travail ou d’avoir ce type de pouvoir. Leur agenda se range plus du côté financier que créatif, alors ça mène à des conflits étant donné que ce sont deux choses très différentes et difficiles à débattre. Les Labels veulent vendre. Les Agents veulent que leurs artistes soient programmés. Les organisateurs ne veulent pas perdre d’argent. La presse est elle aussi souvent plus préoccupée par l’intérêt préalable que le public porte à l’artiste qu’ils vont promouvoir,  plutôt que par l’artiste en lui-même et la qualité de ce qu’il produit.

L’essentiel c’est le nombre de 0 après la virgule, du coup je me demande souvent quelles sont mes raisons pour faire de la musique aujourd’hui. 
Finalement, il n’y a pas de reconnaissance pour les artistes, leur créativité, ni même pour la valeur de leurs productions au-delà de l’attention que leur porte la presse ou même de l’argent qu’elle rapporte à une seule et même personne(ce qui bien sûr attire d’autant plus la presse étant donné que l’influence est au cœur de tous ces débats). C’est là où je me dis que ça ne peut pas être bon pour la musique tout ça.

B: Comment le vis tu cet engouement explosif sur la scène parisienne depuis quelque temps ?

R: Ouais. En 2010, j’avais joué au Mona en compagnie de Nick V à la Java et à cette époque la scène me semblait bien moins importante. Je me souviens de toutes les personnes qui étaient venues me voir jouer. Jef K, Jeremy Underground Paris et Brawther sont tous venus me soutenir et c’était génial! Je me doute qu’il a dû se passer pas mal d’autres choses, mais ce fut ma seule expérience jusque-là. Je sais que Mona ne cesse de prendre de l’ampleur et je n’ai que récemment commencé à apprendre à danser de la House du coup je prends beaucoup de plaisir à regarder toutes ces photos de personnes dansant sur la scène parisienne. J’aimerais vraiment aller à une Waak Party un de ces quatre et voir tout ça de mes propres yeux !

Évidemment, aujourd’hui je connais de plus en plus de personnes venant de Paris, mais le fait de voir que mes confrères tel que DJ Spider et Amir Alexander sont programmés pour jouer à la Concrete, où bien assister à la montée Internationale de Jeremy (My Love Is Underground) et Brawther m’a réellement impressionné. Le fait de vivre à Berlin m’a permis de me rapprocher de la scène parisienne et donc des Parisiens. Lorsque le crew de Sous la Jupe m’a approché lors de leur arrivée à Berlin, j’ai été fasciné par leur enthousiasme et leur positivité. Pareil avec les mecs The Bass Cadet – ils ont ouvert leur propre magasin à Neukolln et j’adore y aller parce qu’il y a toujours plein de Français assis devant le magasin, en train de fumer et à se la jouer Français. Ils se démarquent vraiment d’une bonne manière. S’il vous plaît, ramenez-vous les Français !

S3A m’envoie ses sons depuis des années, rien que la semaine dernière il m’a envoyé son dernier single- merci Max !

B: Des projets dont tu aimerais nous faire part ? Des futures collaborations, des sorties à venir ? Des artistes à surveiller selon toi ?

R: Mon nouveau Single “I Got Something” vient de sortir sur Telefonplan – un Label techno assez sombre qui vient tout juste d’annoncer qu’ils sont en fait gérer par Local Talk. C’est une techno qui tape fort et les autres tracks n’en sont d’autant pas moindre.

J’ai aussi un autre single de Red Rack’em qui sortira en septembre sur Wolf Music : « Do or Die » et c’est une tuerie !
Les autres tracks sont un peu plus oscillantes- j’ai vraiment hâte que ça sorte du fait que c’est un EP, aux sonorités funky et mélodiques.

J’ai un single aussi qui va sortir sur NSyde en octobre qui est vraiment deep et prenant – La track principale s’appelle « Alone at night » et on y retrouve la voix incroyable de Charli James. J’ai essayé de faire une track avec Inkswell à Melbroune en 2012, mais j’étais trop fatigué et du coup j’ai fait le beat moi-même et c’est Charli (la superbe et talentueuse femme de Inskwell) qui s’est mise à écrire et chanter les paroles alors que moi j’étais au bar avec des vieux potes de Jenson Twins. J’ai vraiment hâte à la sortie de « Alone at Night » dont les paroles sont inspirées du sentiment de vouloir être avec quelqu’un, mais que c’est impossible, et c’était génial de voir Charli prendre cette idée et de la chanter de son propre point de vue. L’autre titre s’appelle « Love Beat » et c’est un morceau  house aux sonorités jazzy et hip-hop, un morceau aussi très éloquent. C’est marrant de sortir un de mes disques les plus ‘soulful’ sur une Label qui à fait beaucoup de sortie techno, mais Richard Zepezauer ne connais aucunes barrières musicales et c’est ce que reflète son Label.

En ce moment je bosse sur une sorte de beat tape en 3 parties qui s’appellent « Tales From the Hard Drive » qui regroupera des morceaux de 2002 à 2006 que j’ai retrouvé sur mon ancien disque dur. Majoritairement dans le genre hip-hop. La dessus je collabore avec Tobias de Local Talk- qui sera un nouveau Label – j’espère que la première sortie ce sera avant la fin de l’année.

Je bosse aussi sur pas mal d’autres singles, mais je n’ai pas encore décidé sur quels labels les sortir.

En ce moment j’suis en train de remixer “Lay-far” avec Yannah au chant pour son prochain album de remix.

En fait il se passe tellement de chose que je n’arrive pas à savoir sur quoi me focaliser.

Concrètement il faudrait que je me concentre sur un album Red Rack’em, je suis tout le temps en train de faire de la musique alors c’est vrai que je pourrais juste me contenter de choisir 10 tracks et de voir ce que ça donne. Je devrais peut-être sortir un petit peu moins…

B: Aurais-tu des souvenirs marquants à évoquer dans ce milieu?

R: Je voudrais juste remercier toutes les personnes qui m’ont permis de me produire sur scène et qui ont cru en ma musique et mes performances. Je suis vraiment reconnaissant de l’opportunité que j’ai eue de voyager et de jouer devant des publics aussi sympas. Voilà tout.

B: Des dates à venir ?

R: Vous pouvez consulter mon planning ici.

 

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