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THEATRE DE LA LOGE – LA BIBLIOTHÈQUE DES LIVRES (PAS TELLEMENT) VIVANTS

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Ce lundi 14 décembre, nous sommes allés voir l’un des « tomes » de la Bibliothèque des livres vivants au Théâtre de la Loge. Cette série de spectacles nous est présentée comme « une vaste aventure épique et une véritable mise en scène de Littérature Orale, à savoir l’alchimie de l’incorporation d’un texte de la littérature par un acteur ou une actrice et sa restitution théâtralisée ». Vous n’avez pas tout compris ? Honnêtement, nous non plus. En somme, le principe est simple : chaque mois un livre prend vie sous les traits d’un.e acteur.trice.

1 mois = 1 livre = 1 comédien.ne = 1 spectacle

Quand on arrive au 77 rue de Charonne, on découvre une cour entourée de bâtiments indiquant « Atelier d’artiste », « Cour de danse et de théâtre », etc. Le petit Théâtre de la Loge est là, au rez-de-chaussée. L’accueil et le bar se partagent le même comptoir, une table, quelques chaises pour s’asseoir, mais pour boire son traditionnel verre pré-spectacle, il vaut mieux retourner dans la cour, car le foyer est très vite bondé.

Quand on nous annonce l’ouverture des portes, on découvre une petite salle sans gradin, de vieux bancs de différentes hauteurs comme sièges, des coussins délavés pour les rendre un peu plus confortable ( sans grand succès), bref une salle de théâtre bien loin du confort des théâtres nationaux, tout de bric et de broc, comme on les aime. Ce lundi de décembre, c’est Mrs. Dalloway qui s’animait pour nous. Enfin, « animer » est peut-être un peu fort comme verbe pour décrire ce qui tenait plus d’une récitation que d’une « vaste aventure épique ».

Le dispositif scénique était simple : à cour*, un comédien assis sur un sofa rococo tapissé de velours rouge, filmé en temps  réel. A jardin*, un drap blanc tendu pour faire écran sur lequel sont projetées les images filmées en live.

LOGE BIBLIOTHEQUE LIVRES VIVANTS 2 BEAT A L AIR

Le comédien récite des passages du livre. Le texte de Virginia Woolf est bien évidemment magnifique. Le comédien joue impeccablement, d’un jeu très classique à la française. Ce qui signifie qu’il n’y a rien à redire sur la technique, mais tout ça est très immobile. La caméra le souligne d’ailleurs très bien, en effectuant des gros plans sur le visage et les mains uniquement.  Le reste du corps n’existe pas, et le comédien reste assis sur son sofa tout du long, jusqu’au salut.

On regrette aussi que l’ironie et l’humour de certains passages ne soient plus mis en relief,  et que le ton général de la récitation soit celui de l’ultra intériorisation des émotions. Certes, c’est le principe du Stream of consciousness propre à Woolf, mais pour une représentation théâtrale, l’intériorisation devient vite lourde. Un peu de second degré n’aurait pas fait de mal…

Malgré tout, on retournera probablement voir le prochain, en janvier, pour savoir si cette immobilité était propre à Mrs. Dalloway, ou si la « vaste aventure épique » n’était qu’une promesse creuse. Mais surtout, nous retournerons dans ce lieu qu’est La Loge, ce petit théâtre avec une âme, une des rares exceptions qui prennent encore des risques dans leur programmation…

 

http://www.lalogeparis.fr/programmation/1048_la-bibliotheque-des-livres-vivants.php

 

*Cour : à droite de la scène du point de vue des spectateurs

*Jardin : de l’autre côté, à gauche donc, pour ceux qui ont suivi.

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