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THEATRE DU TARMAC – MASCULINES – DU 13 AU 16 JANVIER

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Ce mois-ci, c’est un spectacle de danse que l’on vous propose d’aller voir au Tarmac, scène internationale francophone dans le 20ème arrondissement.

Le spectacle débute dans le noir, on perçoit des corps sur scène, on les entend et on commence à les distinguer au fur et à mesure que l’éclairage monte – très, très doucement… Alors on s’imagine ce que l’on ne voit pas vraiment. Une chorégraphie groupée, lourde, une sorte de haka ?

Mais lorsque la lumière achève sa progression, ce sont sept odalisques que l’on découvre alanguies. Un premier tableau, un bain turc à l’érotisme saphique, dans lequel des « incohérences » se glissent malgré tout : un cigare, une série de pompes. Un jeu des sept erreurs drôle et perturbant, provoquant quand le cigare se transforme en phallus, ou qu’une extension capillaire vient se placer à l’entrejambe… Puis un tableau de pornographie très classique, avec sept actrices X – à moins que ce ne soient sept poupées gonflables – talons et orgasmes simulés à l’appui, qui campent des poses du porno traditionnel, franchement ridicules hors contexte. Une nouvelle perturbation, les poupées se trouvent coincées, condamnées à répéter à l’infini le même geste, sur le dos, les jambes écartées vers le ciel.

tarmac masculines beat a lair 2

photo Laurent Philippe

Et si toute cette première partie s’est chargée de déconstruire, avec humour et finesse, les clichés du féminin, la seconde partie s’ouvre sur ce qui vous était annoncé : des femmes masculines. Elles s’exercent, se battent, puissantes, conquérantes et violentes. Elles se jouent des stéréotypes masculins comme elles l’ont fait des féminins. Vous apercevrez tous vos héros les plus virils : l’expert en arts martiaux, le boxer américain, le cow-boy ou encore le rugbyman. Des hommes, des vrais. Ou presque. Et petit à petit, à nouveau, on déconstruit, on joue, on se joue des figures imposées.

photo Laurent Philippe

Et à force, nous, les spectateurs, on ne sait plus très bien ce qui relève du masculin et du féminin, on se laisse perdre volontiers, jusqu’à la dernière scène, libératrice. Les corps se laissent enfin aller à être, simplement, des corps en mouvement. Et nous, dans notre fauteuil, on retient notre souffle. On voudrait que les applaudissements ne résonnent pas tout de suite, qu’on nous laisse le temps de profiter encore un peu de l’air de la pièce.

Je ne saurais donc que vous conseiller de courir d’ici au samedi 16 janvier à ce spectacle d’une intelligence rare, extraordinairement beau, et traité avec humour et finesse, ou à défaut, de guetter la tournée du spectacle. Amateurs ou non de danse contemporaine, c’est le genre de claque esthétique qu’on aimerait prendre plus souvent.

Masculines, une pièce de Héla Fattoumi et Eric Lamoureux.

plus d’infos sur Masculines ici

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