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Si longue fut l’attente qui nous sépara de ce week-end tant espéré, terriblement courtes furent les quelques heures passées à hanter le 6B. Entre déambulation onirique, apiculture sonore et délirium festif, retour sur une double soirée grandiose dont la descente risque d’être très très raide.

 

Souksouk Royal Beat à l'air

Il faut bien l’avouer, cela faisait quelques semaines que les soirées hors club pâtissaient d’une accalmie sévère. À l’exception de ces îlots de bonheur que furent l’Entrepologie et l’OTTO10, le fêtard averti sentait bien qu’il commençait à patauger dans le concept réchauffé aux programmations de seconde classe et tarifs de première. À chaque nouvelle vague ses profiteurs, les victimes de La(rnaque)komune sauront de quoi je parle… Alors forcément, quand est tombée la nouvelle d’une double soirée au 6B organisée par deux des meilleurs collectifs parisiens – autant vous dire qu’on a attendu début décembre des étoiles plein les yeux.

 

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D’un côté, Soukmachines, tribu apatride et bigarrée dont la maxime pourrait se résumer à mélanger, trier, secouer, danser. Formé en 2005, à une époque où faire la fête à Paris n’était pas encore une expression admise par le Littré, le collectif a su habilement tirer son épingle du jeu en parvenant à rassembler les diverses peuplades noctambules sous l’étendard de la foire à la différence. Car dans les Souks, la programmation est pour le moins variée. Variée dans sa dimension musicale qui s’étend de l’afro groove à la techno en passant l’electro-rock et l’afro transe, mais également dans le choix de ses installations, de sa décoration et de ses performances. Loin du format éculé des soirées coutumières, Soukmachines accomplit un geste politique radicalement festif qui s’efforce de rapiécer au fil des événements le tissu social que d’autres s’évertuent chaque jour à détruire.

 

De l’autre 75021, nos chéris, nos amours, les princes de la nuit et seuls prétendants légitimes au Trône de Fer (la fête). 75021 association anonyme, informelle et mobile de collectifs (Sonotown et Soukmachines) dont la sainte mission est de “reconsidérer Paris hors de ses murs”, fait partie des (très) rares collectifs que je suivrai jusqu’à Melun sans même jeter un coup d’oeil à la prog. Après le traumatisme de la 75021#7 et de la performance de la Nuit Blanche à la Machine, nul besoin de préciser que la barre était placée très très haut.

 

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Nourri quasi exclusivement aux soirées techno depuis quelques mois, ce serait mentir que d’affirmer avoir été saisi immédiatement par l’ambiance si singulière du Souk Souk Royal. N’ayant pas été particulièrement informé sur le principe de la soirée, c’est un peu perdu que je me suis aventuré dans ce qui avait toutes les apparences d’un festival poussé dans le giron d’un immeuble. Première étape : la chill room – quitte à s’écraser dans un canap, autant en tester le moelleux tant qu’on est encore en état de l’évaluer. Surprise ! ce ne sont pas quelques matelas et fauteuils posés çà et là qui nous attendent mais une succession de mini salons débouchant sur un dancefloor qui manifestement n’a de chill que le nom. Tout d’abord, un clone de Street Fighter II diffusé sur écran blanc où personne ne s’étonne de voir un chat annoncer un combat entre Ronflex et Sangoku. Les canapés ne désemplissent pas (et ne désempliront pas le lendemain non plus). Les geeks sont ravis, les autres aussi.

 

Souksouk Royal Beat à l'air 1

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Ensuite, on passe à la table de cuisine où, cachés parmi les plantes vertes, quelques irréductibles bataillent férocement autour d’un plateau… de Scrabble. Et oui, il fallait oser, on n’est pas venu pour jouer au Scrabble… et pourtant si. Brillant !

 Souksouk Royal Beat à l'air

Puis, à la lueur du globe terrestre réfléchissant qui décorait ta salle de CM2, apparaissent les linéaments d’un stand de maquillage dont s’échappe en dansant une ribambelle de visages rayonnants de bonheur. Je me pince, ils sont toujours là, je me repince et je me commence à me demander sérieusement où j’ai mis les pieds. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression de retrouver l’Esprit de la Fête. Une sorte de grand carnaval absurde où tout le monde s’oublie dans un désir de réjouissances.

 Souksouk Royal Beat à l'air

Sur les murs de la piste cohabitent un peintre appliqué à sa fresque et un vidéaste occupé faire danser les surfaces. Les bars sont accessibles et les tarifs restent correctes (1 euro la bouteille d’eau, 3,5 le demi). Pas grand chose à redire de ce côté là.

 Souksouk Royal Beat à l'air

À l’étage, les surprises continuent. Évidemment, les murs n’ont pas bougé et le lieu ressemble à ce qu’il était la dernière fois, mais le choix des lumières et l’attention portée à la décoration affectent sensiblement l’atmosphère. Où que l’on aille, on se prend les pieds dans le tapis du rêve. Les guirlandes suspendues au plafond brillent depuis l’épaisse nappe rougeâtre qui enveloppe la pièce. Sur les murs du couloir qui conduisent à la salle club, une affiche :”Ne pas fumer dans la salle de cinéma”. En effet, en parallèle du couloir s’étendent plusieurs rangées de sièges où les spectateurs affalés profitent d’une salle ouverte pour l’occasion, où s’enchaînent pornographie bovine en pâte à modeler et course effrénée à travers une succession de plans rompus. Les réactions divergent. Il y a ceux qui s’étonnent, ceux qui rigolent, ceux qui applaudissent et ceux qui dorment.

 

Souksouk Royal Beat à l'air

Souksouk Royal Beat à l'air

La salle expo est bondée. Les concerts s’enchaînent avec succès. La plupart des gens sont extrêmement enthousiastes et manifestent constamment leur joie de passer une soirée “différente et réussie”.

D’un point de vue musical, on retiendra surtout la performance spectaculaire de CongopunQ, l’excellent live d’Odei et le set house bien dansant d’Eliott Litrowski.

 Souksouk Royal Beat à l'air

La soirée s’achève aux alentours de 7h, laissant quelques heures aux orga pour nettoyer un peu et préparer le terrain de la très attendue 75021. Il est temps d’aller dormir. Rendez-vous à 14h pour remettre le couvert.

 Souksouk Royal Beat à l'air

 

75021#8 Beat à l'air

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15h. La queue à l’entrée a disparu. La décoration a été allégée et l’endroit est plutôt propre. On regrettera néanmoins la disparition des poubelles entre les deux événements. Certes des équipes sont passées ramasser les déchets entre les danseurs tout au long de la journée mais honnêtement, avoir des sacs plastiques à disposition est quand même beaucoup plus pratique pour ceux qui ont encore du mal à jeter leurs déchets par terre. Mentionnons également une augmentation significative des tarifs boissons qui fleurent désormais avec la limite du cool (7 euros la pinte tout de même) et la panne des urinoirs qui n’a rien arrangé à l’enfer de la queue à braver pour atteindre les toilettes. Le cahier des doléances peut être fermé, reste désormais le plus difficile – retranscrire avec fidélité l’ambiance, la qualité, la chaleur, les vibrations et la joie qui nous ont traversées tout au long de la journée.

 

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Non seulement, 75021 n’a pas démérité au regard de sa précédente performance mais plus encore, le collectif a réussi l’exploit d’établir un nouveau record de qualité. Plébiscitée par l’intégralité des personnes à qui j’ai eu l’occasion de parler (artistes et teufeurs confondus) – la soirée est sans contestation aucune la nouvelle institution de référence techno house du Grand Paris. Meilleur lieu, meilleure ambiance, meilleure population et crème de la scène parisienne – les superlatifs s’accumulent sur les langues pour décrire la joie partagée par ceux qui sont présents. Il ne se passe une heure sans que résonne dans les oreilles la sacro sainte formule de la journée : “Putain mais c’est mais c’est vraiment la meeeeeeiiiiiilllllleeeeeeeuuuuure soirée !”, rappelant au passage l’effervescence et le grain de folie des premières Concrete.

 

Le coup de force de cette 8e édition réside sans aucun doute dans la qualité et la finesse de la programmation artistique. C’est la première fois qu’on assiste à une telle régularité de contenus – tant est si bien que le principal problème de la journée a consisté à sélectionner ses salles. À tout moment, on a le sentiment de passer à côté de quelque chose et il aurait sans doute fallu se refaire l’after trois fois pour commencer à être repu.

 

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Aussi n’est-il pas évident de trier les meilleurs parmi les très bons. On soulignera tout de même l’ouverture monstrueuse d’Andidode (Zaltan et DDD – The Hustler -), le très bon set de PEEV, le live extraterrestre de Voiron, les basses surpuissantes d’Aethority, l’énergie dégagée par le nouveau crew incontournable des soirées de la capitale Mawimbi (qui a ruiné sans vergogne le concept de chill room) et enfin, ceux pour qui je n’ai plus d’adjectif mais qui nous ont forcés à rester jusqu’au bout du bout en dégainant un back to back à faire craquer les palpitants – j’ai nommé Théo Muller et Dj Steaw.

 

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Merci à tous les artistes et aux orga de s’être donnés à ce point pour nous. Merci, merci, merci et à bientôt !

Souksouk Royal :

// MUSIQUE //

• LIVES •

– CONGOPUNQ (Afro Transe)
https://myspace.com/congopunq
– ODEI (Live Electro)
https://soundcloud.com/odei
– MASTER MASTER WAIT (Electro rock)
http://mastermasterwait.bandcamp.com/
– UNCLE TUNES
https://www.facebook.com/UncleTunes
– LES ZEBRES MANDINGUES (Afro groove)
– OLYMPIA FIELDS (Electro rock)
http://olympiafields.bandcamp.com/
– ENCORE! (electro rock)
https://www.facebook.com/wearethebandencore
– SOCIETY OF SILENCE (Live techno)
https://soundcloud.com/societyofsilence

• DJ’S •

– ELIOTT LITROWSKI (CRACKI RECORDS / House)
https://soundcloud.com/eliott-litrowski
– DISCO LOW COST (éclectique)
https://soundcloud.com/discolowcost
– IAN TOCOR (CRACKI RECORDS, Techno/House)
https://soundcloud.com/iantocor
– BLACKJOY (LUCIEN ENTERTAINMENT/Electro/Soul/Disco)
http://www.rbmaradio.com/shows/blackjoy-train-wreck-mix
– THE VENUS PROJECT (Deep house/UK garage/Electro…)
http://www.mixcloud.com/TheVenusProject/
– NOVORAMA SOUND SYSTEM (electro/Rock/éclectique…)
http://novorama.com/mixes
– BEN BOUCLE (Electro)
http://www.mixcloud.com/boucle/
– WANKERS UNITED (Dj set / OrientaloSkwee)
https://soundcloud.com/wankers-united
https://soundcloud.com/mazout

// INSTALLATIONS //

– PERRINE DORIN
http://www.perrinedorin.com/
– ONOFF CREW
http://www.onoffcrew.com/
– LOUIS CREVIER
https://vimeo.com/louiscrevier
http://louiscrevier.tumblr.com/
– ROBBIE ROCKROBSTER
http://rckrbstr.tumblr.com/
– QUARTAVANT POING
http:// www.quart-avant-poing.com/
– PETER ET STEVEN
http://cargocollective.com/peteretsteven
– LES TAILLEURS D’ENVIES
– MAGALI WEHRUNG
http://www.hop-la.com/
– HUMMOCKS FILMS (SELECTION DE FILMS)

75021

Salle Expo :

Oxyd
Lazare Hoche
Dead Rec Heads & Vauban (Live)
Aethority
Voiron (live)

Salle Club :

Dj Steaw b2b Théo Muller
J055
PEEV
Andidode = Antinote (Zaltan) + DDD (The Hustler)

Salle Chill :

Mawimbi Dj Crew
Beat X Changers : RZO / G.iR / Dither / Tomamura / Proté

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