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itwmyako x beat à l'air

Depuis septembre dernier, on peut observer à notre plus grand bonheur sur notre bonne vieille capitale, l’émergence d’une scène techno de plus en plus majeure. Peut-être un peu trop florissante à mon goût d’ailleurs ! C’est vrai qu’il devient alors difficile de savoir où donner de la tête entre telles ou telles soirées de tels ou tels labels, tous plus productifs les uns que les autres. Comment savoir où investir son pauvre flouz d’étudiant à la ramasse sans avoir la sensation de se faire enfiler ?

Avec des « DJs » au regard de hibou qui se prennent pour des génies avec leurs supers contrôleurs bas de gamme, il devient alors impératif de se distinguer en allant puiser dans le véritable talent et accessoirement les entrailles d’une musique qui nous est chère.

Et ainsi, espérer donner une chance à notre chère capitale de se créer une image. Véritable, profonde et inspirée.

Si 2012 était l’année du salut, 2013 sera celle de la rédemption!

Heureusement, du lot se distingue un petit groupe de prêcheurs qui tendent à redonner espoir en ce fin talent de musicien de par leurs sélections finement travaillées ainsi que leur image modestement étayée d’une classe qui aujourd’hui reste rare. Myako aussi sobre est-elle, en fait partie. C’est pourquoi nous tenions à réaliser une interview d’un des piliers du renouveau de la scène française (la vraie, au coté de Society of silence, Mars t, François x, Voiski et j’en passe…).

Une révolution est en marche.

 

                                                              

Beat à l’air : Salut Myako ! Comment vas-tu ?

Myako : Bah écoute la forme, avec un soleil bien rayonnant …

BAL: Une petite présentation pour ceux qui ne te connaissent pas? D’où tu viens, ton parcours musical, tes premières expériences ?

M: Alors je m’appelle Anaïs, j’ai 29 ans et je viens de Nantes, ma ville d’adoption. J’y ai passé de nombreuses années, où j’ai pu y commencer à faire mes premiers concerts. De dub entre autres, j’avais 15 ans. Le hip-hop aussi, mais j’ai été éduqué au jazz et à la musique classique. Mon père était un gros collectionneur de jazz, du coup nos parents nous ont forcés à faire de la musique. J’ai fait 5 ans de solfège, un peu de guitare et de la batterie. Par contre, j’ai découvert le hip-hop grâce au copain de ma grande sœur qui était lui DJ Hip-hop. Du coup, j’ai pu pas mal découvrir ces sonorités et vu que j’aimais ça, il est rentré dans le jeu, à me filer des disques, entre autres des imports des States inédits, etc. Après, j’ai découvert le dub, puis Andy Cain, Maurizio, Tikiman et ça m’a vachement interpellé ! De fil en aiguille, Aphex twin, Platikman, etc. (…) Avec des amis on allait souvent voir, à Nantes, une scène nationale, Le lieu unique. Là, où plus tard j’ai eu mes premières résidences en tant que DJs. Ensuite, les premières free-partys vers 17 ans… Je fais partie de la génération qui a connu la fin des free-partys. C’était plus trop intéressant, surtout en Bretagne, l’environnement avait bien changé comparé au début de se mouvement. Mais ça restait quelque chose de puissant, une espèce d’union, une force qui s’orchestrait soudainement ! Très marquant. (…) Et j’me suis chargé ensuite de l’organisation à Nantes d’évènements Teck, Hardcore, etc. Je connaissais alors 69 db, j’avais 18 ans et peu de moyens, j’y suis allée au culot et ça a marché, c’était génial !

BAL : Une question pour moi intéressante, as tu toujours été destiné à faire de la musique ? Que faisais-tu avant ?

: Du coup a cette même époque je faisais une école de mode, j’avais 18 ans et j’étais plutôt un cancre à l’école donc c’était assez délicat (…) j’ai toujours été attirée par les machines, mais aussi par l’art et du coup, la mode, je trouvais ça très cool. Je dessinais pas mal aussi et la musique à l’époque, ce n’était pas si transcendant! Mais je n’ai jamais vraiment laissé tombé la mode, j’ai toujours eu des projets en cours sur des pièces, des objets d’art contemporain et j’ai pas mal réalisé d’autres projets avec d’autres amis scénographes et designers, avec qui j’avais quand même pas mal travaillé (…) ça ne m’a jamais quitté…

BAL : Toi et la BP le grand amour non ? Comment ça en est venu à cette association maintenant ?

M: Très simplement, il y a 1 an et demi de cela. Je jouais au Trésor et il y avait Bastien avec une copine à lui. Je sortais de 6h30 de set et du coup, ils viennent me voir en me parlant en anglais avec un accent français et je leur explique que je suis française et voilà, on s’est mis à discuter. Finalement, on s’est échangé les numéros et 6 mois après, ils m’ont recontacté parce qu’ils organisaient un truc au Village russe, « Voilà on veut t’inviter et si tu pouvais jouer 6h ça serait génial ! » , et ils mont dit « Nous on voudrait un gros Sound-system et que ça dure longtemps ! » « Voilà les gars, je suis prête à jouer pour vous », c’était génial, cette jeunesse qui sort de nulle part et je n’étais plus habituée à les voir. Du coup, j’ai joué comme ça puis le 2e, c’était Vincent Vidal. Du coup à la 2e BP, j’avais alors rarement fait de back to back et donc j’ai invité Vincent, c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés. Depuis il est résident de ces BP. C’était formidable ! Avec un super esprit et je les supporte à fond, leur jeunesse, c’est génial ! Ce principe de ne pas jouer sur une grosse tête d’affiche, mais plutôt sur l’ambiance, la joie, la bonne humeur et de se réunir sur du gros son.

BAL : C‘est vrai que depuis peu, cet esprit envahit peu à peu Paris. En parti grâce à eux, mais pas seulement. Qu’en penses-tu des autres ?

M: Il y a Concrete qui vit très bien, qui fait les choses très bien, avec de super plateaux. C’est une institution maintenant ! Mais la BP, c’est un autre esprit, ils sont jeunes et sont arrivés de nulle part. Ils ont prouvé qu’en partant de rien, on réussit à créer quelque chose de génial. Ils s’amusent comme ça et font des choses superbes. Sans oublier Technorama qui opère déjà depuis pas mal d’années,  le collectif 75021 qui est un super concept, la Towo, la Technolita… On est au top!

BAL : C‘est vrai qu’ils forment une belle équipe, qui donnent tout à envier, ils ont dû en aigrir plus d’un…

: Normal ! L’accueil qu’ils font aux gens et aussi avec toute cette innocence, toujours de façon très chaleureuse, je n’ai jamais eu de tel accueil en tant qu’artiste ! Ni même avec n’importe quels autres organisateurs, ça en dit long… Ils assument le fait d’être novice en la matière et de ne pas prendre la grosse tête, ils ont envie de tout apprendre, une jeunesse qui est assez chouette, très prometteuse…

BAL : Et Concrete ? Un peu cher dans tout ça ? Quand eux viennent balancer des prix pareils sur une prestation à peu près comparable…

M : Oui, Concrete comme j’te le disais, font les choses très bien et chères… Oui et non ! Avec leur principe de repayer 5e pour revenir plus tard, ce n’est pas seulement se faire du fric dessus, c’est plutôt un système de contrôle qu’ils ont trouvé. Comparé au Berghain, c’est différent, le club est ouvert du samedi soir au lundi matin. Là si tu veux voir un artiste le matin et revenir pour en voir un autre le soir tu payes ton entrée 25e, ça fait un peu cher, mais après les 20e de l’entrée, ce n’est pas si cher que ça, surtout sur Paris, c’est que 6 euros de différence avec le Berghain ! Au final, je ne trouve pas ça très cher. Puis même avec les artistes qu’ils font venir et qui sont un peu issues maintenant de la ”Hype techno”, vu l’ampleur et la cote que ça a pris c’est normal, c’est comme pour tout !

BAL : Un idéal que tu aimerais réaliser ? Ta motivation ?

M: Rencontrer, pouvoir voyager ! Puis, depuis le début, j’ai eu la chance de rencontrer des gens de différents pays et de pouvoir voyager, faire des échanges entre Viennes Lisbonne ou même Bruxelles, c’est vachement enrichissant ! Découvrir de la musique qui me surprend encore et encore.

BAL : Que ressens-tu quand tu produis du son ? Le mix ? Ton ressenti sur les 2 ?

: Pour moi aujourd’hui il y a de très bons DJs et de très bons producteurs. Mais les 2 ne s’allient pas forcément. Aujourd’hui, il y a trop de bons Djs qui se pressent à la production et on en arrive à trop de sorties d’Ep, y’en a partout ! Du coup, on en arrive à un produit non fini, pas forcément intéressant qui manque de profondeur. Pour moi, la production, c’est carré. L’univers du mix, c’est le principe de collectionner de découvrir des choses improbables, etc. C’est un outil, un travail énorme. Un artiste producteur, ne va pas forcément écouter cette musique-là, il va la faire, la créer, son univers, sa propre trame. Il faudrait sortir que des albums ! Ce qui demande quand même une plus mure réflexion ! Par exemple, Ben Klock, qui a sorti ce disque sur B-pitch en 2002 que je trouvais génial, après il n’y a plus rien eu jusqu’en 2007. Où il a sorti l’album Conney Island, magnifique, un album vraiment incroyable ! Je découvrais alors Bernard pour la première fois au Berghain et où j’ai pu assister à un set qui m’a claqué les oreilles ! Depuis, tu vois, toutes les productions, les sorties, les remixes et tout, certains Djs sont des supers producteurs avec des superbes univers, mais ça se perd dans le DJ tool. Voilà ce que je pense … Du coup, à un moment donné, tu vois, ce n’est pas qu’il faut choisir, mais il faut savoir ne pas en abuser, et ça ne sert à rien de sortir 10.000 trucs s’il n’y a pas de fondement artistique. Par exemple, Dasha rush elle n’édite pas tant que ça, mais quand elle accouche d’un disque, elle accouche littéralement tu vois ! Il y a un temps de gestation qui est là ! (rire)

BAL : Et toi ?

M: Du coup moi j’édite beaucoup de musique depuis longtemps et j’me rends compte que je joue énormément de choses que je jouais depuis le début et qui fond, je pense, mon univers. J’ai suivi des courants, mais toujours en gardant distance des ”hits” et même si parfois certains morceaux s’égaraient dans ce domaine, j’essayais toujours de respecter le travail de l’artiste. (…) J’ai 10.000 trucs dans ma botte qui ne sont pas super connus, mais qui sont tout aussi intéressants !

BAL : Que penses-tu de la scène parisienne ? Avant ? Maintenant et ton ressenti sur plus tard ? Par rapport à l’étranger ?

M : Bah avant, il y a 10 ans, je n’ai pas trop pu y assister. Venant de Nantes, j’ai ensuite fait Berlin puis Paris. Donc je n’ai pas trop pu la vivre en temps réel, je venais à Paris de temps en temps, donc je ne pouvais pas trop en juger, seulement par le biais de certains médias ou des quelques évènements où j’ai pu assister, mais je n’étais pas vraiment active dans ce secteur pour en parler réellement. Maintenant, il y a 10 ans, il y avait toute cette scène de micro-House qui était là. Avec Kompakt, Jennifer Cardini. Il y avait quelques soirées super sympas où j’allais, avec de la super musique et maintenant, il y a eu un vrai creux, je trouve. Avec toute cette Deep, cette vague prenante Deep d’il y a 2 ans, Hot création… Mais j’adore la Deep, mais… La oldschool de New York. Disons que je trouvais ça un peu carton quand je suis arrivé de Berlin. C’est vrai qu’en revenant de cette cité, je n’avais pas forcément  d’avis objectif. Mais maintenant, la scène me fait plaisir à paris ! Parce que la techno est là ! On en parlait avec Vincent Vidal, même si lui a été assimilé à une scène Tech-House ces dernières années, par rapport aux sons sur lesquels il a dû s’adapter. Il aime beaucoup la Deep, mais depuis ses plus jeunes années, il a toujours été dans la techno et maintenant, il est heureux de pouvoir rejouer de cette musique qu’il a toujours affectionnée, dans laquelle il a dû s’écraser un peu parce qu’à cette époque sur paris quand tu disais que tu faisais de la grosse techno, t’étais fiché direct ! Mais du coup, à présent, la scène elle est là tu vois (bien haut) ! Et bien représentée.

BAL : Et maintenant, par rapport a tout cet engouement, tu crois que ça va se calmer d’ici 1 an ou 2? Parce que c’est vrai que depuis l’été dernier, les événements n’arrêtent pas de s’enchainer !

M: Non, pas se calmer, je pense plutôt que ça va évoluer vers quelque chose de diffèrent, mais qui restera inspiré, une sorte de techno du future. Forcément. Puis de toute façon la musique, comme la mode suit des cycles. Quand tu vois, il y a un certain temps, tout cet engouement pour la Drum n’bass, la Dubstep, ça ne s’est pas calmé… Mais ça a évolué.

BAL : Tu penses qu’il y a eu un élément déclencheur par rapport a toute cette nouveauté Deep/tech sur Paris, par rapport à Berlin ? Parce que c’en est devenu une mode quand même ?

M: Sérieusement, je ne sais pas, je ne pourrais pas l’expliquer concrètement. Mais c’est vrai, par exemple avec l’Espagne en temps de crise, les gens n’ont pas d’argent, pourtant ça a été le moment où les gens sont le plus sortis pour faire la fête ! Je pense que ça peut être le même cas, quand les gens sont allés à Berlin, ils ont vu toute cette liberté, cette joie, sans complexe et ça fait rêver ! L’horloge tourne différemment à Berlin ! Et on le ressent beaucoup, c’est vrai, cette ville a influencé énormément de pays en Europe, quand tu vois Concrete ou encore même les Sundaes, ils ont créé leur truc, mais c’est inspiré. Ils ont vécu ça et putain cette liberté techno, c’est énorme ! Finit de s’enfermer dans un club aux mêmes moments de la journée, tu peux faire la fête en pleine journée et profiter ! Tu peux souffler, et cette musique, elle est vraiment bien ! Comme je te le disais avant, tu ne pouvais pas trop dire que t’écoutais cette musique à certaines personnes. Et maintenant, ces mêmes personnes, tu les retrouves sur les dancefloors de la techno. Bah tant mieux, en quelque sorte, ils ont ouvert les yeux. Ça montre bien que les gens changent. C’est comme à l’époque avec les hippies, (je hais les hippies, rire) ces gens la passaient leur temps à fumer des pétards et maintenant tu les retrouves standardisés avec leurs maisons et leurs femmes. Puis il y a les personnes qui, il y a 10 ans, sortaient et qui maintenant ont 35/38 ans et se ”rangent”, ça leur est passé ou pas… Après il y a les piliers… (Rire)

BAL : Un événement marquant de ces derniers temps ?

M: Bah attend qu’est-ce qui s’est passé dernièrement… ? La BP ! Le lieu était vraiment fou ! La façon dont ils ont aménagé le lieu et surtout l’implication du Sound-system. De pas s’être fait d’argent et d’avoir tout investi là-dedans, d’avoir pris des mecs de Funktion-one en plus parce que ce Sound-system est très difficile à régler. Là, c’était parfaitement réglé ! Après chaque artiste, le mec venait et montait sur scène régler ton son ! Et ça… Putain, merci quoi ! Non mais j’te jure, avec la techno qu’on joue, c’est hyper important ! Les gens ne peuvent pas kiffer sur du matos de merde. Et je pense que c’est pour ça qu’on a fait des choses hyper intéressantes ces derniers temps et que les gens ont kiffé, d’avoir L’outil pour pouvoir le faire.

BAL : Et un pire souvenir ? Un public non averti ça t’es déjà arrivée ?

M : (Silence puis sourire en coin) Ouais carrément Ahahah bah du coup tu essayes d’arrondir les angles tu vois, en passant par des chemins musicaux détournés, mais je pars du principe que… Je lâche rien ! (Rire) Et ces personnes tu leurs demandes pourquoi ils sont là, si ça ne leur plaît pas et « Si vous n’êtes pas content, vous sortez. » , c’est un peu le principe. Mais c’est vrai ça m’est arrivé plusieurs fois. Par exemple, une fois Chez Moune, ça m’est arrivé de tout couper en plein set ! C’était vraiment horrible, donc j’ai tout débranché et je me suis barrée. L’enceinte était pétée, il n’y avait pas de sons, tout le monde dansait derrière toi et te poussait. C’était n’importe quoi, surtout que la personne avant moi, avait joué que des tubes de Brodinski et cie. Je n’avais pas prévu d’autres choses dans mon bac! Alors quand j’ai repris, je suis arrivée avec un truc un peu mental, tu vois. Du coup ils ont commencé à huer, j’ai littéralement craqué et je me suis énervée. J’ai fait « Vous n’êtes pas content ?! Bah regardez bien, j’me casse ! »

Jonathan Lalbat.

 

Voici sa page Fb et son soundcloud pour suivre son actualité:

https://www.facebook.com/myakolive

Next gigs mai/juin:

15 april until 15 may _—> STUDIO TIME IN BERLIN
17 may —> Dj set @ Pigallion BP party — Paris
18 may —> Dj set @ TRESOR — Berlin
22 may —> Dj set @ Exploration Party — Paris
24 may —> Djset @ Melting Klang at Pigallion — Paris
31 may AM —> Djset @ CaféBarge — Paris
07 june —> Djset @ 3.14 at La machine — Paris
15/16 june —> Music Time — Barcelone
21 june —> Djset @ Altercafé — Nantes
28 june —> Djset @ Seconde release party at Pigallion — Paris
29 june —> Djset @ LIEU UNIQUE — Nantes
06 july —> Djset @ TBA — Bordeaux

 

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